Le Président de l’Université du Texas à Austin fait retirer quatre statues de figures confédérées du campus

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Dans un contexte d’actualités sensibles liées aux évènements de Charlottesville en Virginie, le président de l’Université du Texas à Austin (UT Austin), Gregory L. Fenves, a décidé de procéder à la relocalisation de quatre statues de figures politiques et militaires historiques des Etats confédérés d’Amérique. Tard dans la soirée du dimanche 20 août 2017, les statues ont été retirées du parvis de l’université où trône l’emblématique « UT Tower ».

Dans un message adressé aux personnels de UT Austin, Gregory Fenves justifie sa décision en s’appuyant sur les recommandations formulées par un groupe de travail constitué en 2015, suite à la fusillade de Charleston. La statue de Jefferson Davis, président des États confédérés pendant la guerre de sécession, avait alors été relocalisée dans un Centre d’histoire américaine. Dimanche dernier, ce sont trois statues restantes de généraux confédérés (Robert E. Lee, Albert Sidney Johnston, John Reagan) ainsi que la statue de Jim Hogg, gouverneur du Texas de 1891 à 1895, qui ont été retirées du parvis de l’université pour relocalisation sur d’autres sites du campus universitaire.

Avec cette initiative, aux nombreux retentissements national et international (cf articles parus sur Libération.fr et Lemonde.fr le 22 août 2017) et le président de UT Austin réaffirme sa vigilance vis-à-vis d’une recrudescence perçue des mouvances suprématistes blanches dans les anciens Etats confédérés. En février 2017, il avait déjà fait procéder au retrait d’affiches de groupes suprématistes déposées sans autorisation tout en défendant son attachement à la liberté d’expression. Avec le retrait des quatre statues, Gregory Fenves souhaite ne plus honorer une partie de l’Histoire du Texas qu’il estime à l’encontre des valeurs fondamentales de son université. Cette décision vient d’être attaquée en justice par un groupe dédié à l’héritage confédéré, lequel avait attenté – sans succès – une procédure similaire lors de l’enlèvement de la statue de Jefferson Davis en 2015.

UT Austin n’est pas la seule université texane en prise avec les mouvances suprématistes suite aux évènements de Charlottesville. L’Université Texas A&M a récemment interdit une manifestation du groupe identitaire "White Lives Matter" prévue sur son campus en septembre au motif de « risques de menaces pour la vie et la sécurité ».