Le budget du NIH s’effondre, la recherche biomédicale cherche de nouvelles sources de financement

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Le NIH (National Institute of Health) devrait entrer en 2007 dans une période de restrictions budgétaires. Son financement devrait atteindre $28.6 millions l’année prochaine, soit une baisse de 3,8% par rapport à 2006 après ajustement de l’inflation. Cette baisse est la plus sévère que le NIH a connu depuis 1970 -11% de baisse en dollar constant par rapport à 2003- d’autant plus qu’elle fait suite à un doublement du budget de 1998 à 2003.
Le directeur du NIH, Elias Zerhouni note que si le budget -qui doit encore être validé par la Chambre et le Sénat - n’est pas réévalué, le NIH devra notamment supprimer plus de 650 bourses de financement par rapport à 2006.
Joseph Loscalzo, professeur de médecine à Harvard Medical School, soutient qu’une telle décision menace d’annuler tous les bénéfices du doublement du budget sur 5 ans et aura des effets sur le long terme comme le tarissement du vivier de chercheurs qualifiés et l’indisponibilité d’infrastructures de recherche onéreuses et complexes à mettre en place.
Zerhouni a essayé de convaincre la Chambre que le doublement du financement de l’Institut a été payant :
- augmentation de la longévité des patients souffrants de cancer et baisse du nombre de décès associés au cancer pour la première fois en 2005
- développement de candidats vaccins prometteurs pour le virus Ebola et la Rougeolle, aujourd’hui en essais cliniques ; identification de la structure de la toxine de l’Antrax grâce aux financements de la recherche en bio-défense
- développement de 14 nouveaux traitements pour le HIV, la fièvre du Nil, le SARS et Ebola depuis 2001
- arrivée de 3114 nouvelles technologies sur le marché entre 1998 et 2004 et création de 4543 nouvelles entreprises depuis 20 ans grâce aux avancements de la recherche financée par le NIH.
Zerhouni doit toutefois concéder que certains indicateurs sont dans le rouge :
- le taux de succès des candidats aux bourses de financement est en baisse : alors qu’il atteignait 32% en 2002, il ne promet pas de dépasser 19% en 2006,
- les dépenses pour les soins médicaux sont en constante hausse : un américain paie aujourd’hui en moyenne 7.110$ par an pour ses soins médicaux, deux fois plus que ce qu’il déboursait il y a 13 ans.
Pour remédier aux restrictions fédérales, Joseph Loscalzo propose une série d’idées originales permettant de trouver de nouvelles sources de financement pour la recherche biomédicale. Par exemple une taxe sur les produits de consommation nocifs à la santé humaine pourrait permettre de compléter le budget du NIH.
Mais surtout ces sources de financement alternatif pourraient permettre aux centres de recherche de réduire leur dépendance vis de l’agence de moyens fédérale.
Par exemple, le gouvernement pourrait inciter les entreprises dont les produits contribuent au développement de maladies, à soutenir les recherches biomédicales via un crédit d’impôts sur leurs contributions. Ces ressources pourraient permettre d’établir un fond national de financement indépendant du NIH.
Joseph Loscalzo propose d’encourager les grandes organisations de financement non gouvernementales à diriger une plus grande partie de leurs financements vers un soutien durable aux recherches biomédicales, ainsi que d’encourager les donateurs à financer la recherche translationnelle et clinique.

Source :

The New England Journal of medicine, Joseph Loscalzo ; Vol 354:1665-1667 ; 20 Avril 2006
ZERHOUNI TELLS LAWMAKERS THAT NIH BUDGET DOUBLING HAS PAID OFF, Frost & Sullivan Science & Government Report, 21/04/2006 - https://www.frost.com/prod/servlet/market-service-document.pag?docid=D803-00-72-01-03

Rédacteur :

Peggy Rematier, vi.sdv@consulfrance-sanfrancisco.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….