Le comportement suicidaire serait lié à la densité de récepteurs à la sérotonine ?

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En ce qui concerne le suicide, l’hypothèse la plus répandue actuellement avance que les personnes déprimées le deviennent de plus en plus jusqu’à finalement mettre fin à leurs jours. Cependant, selon Mihran Bakalian de l’Institut Psychiatrique de L’Etat de New York, cette hypothèse n’est relayée par aucune étude biochimique ou psychiatrique.
Des recherches telles que celles de Stella Dracheva du " Bronx Veterans Affairs Medical Centers " de New York amènent à réviser ces spéculations. Il semblerait que les personnes à tendances suicidaires présentent des modifications moléculaires au niveau du cerveau de manière indépendante de leur état mental. Cette nouvelle théorie présentée lors de la réunion annuelle de la Société de Neurosciences à Atlanta, Géorgie, pourrait conduire vers des tests pour évaluer et anticiper les risques de suicides.
Pour arriver à ce constat, Dracheva et ses collègues ont examiné les récepteurs à la sérotonine, un composé lié à la dépression, chez 22 personnes mortes par suicide et 82 personnes décédées dans d’autres conditions.
Ils se sont aperçus du fait que l’une des 24 formes du récepteur 5-HT2C est beaucoup plus exprimée dans une région du cortex dorsolatéral préfrontal chez les personnes s’étant suicidées. Cette partie du cerveau est impliquée dans la planification.
Pour conforter le rôle de la sérotonine dans le risque suicidaire, Bakalian et son équipe a démontré que le nombre de récepteurs à la sérotonine était moindre au niveau de l’amygdale, région du cerveau impliqué dans le contrôle des émotions, chez les personnes s’étant suicidées.
Cependant pour Bakalian, la différence résiderait dans la modulation de l’agressivité. En effet, il semble que l’agressivité soit souvent liée au suicide et que ces personnes suicidaires soient incapables de dominer un comportement agressif contre eux-mêmes. Bakalian ajoute que, pour l’instant, ce travail ne peut pas aboutir à un quelconque traitement mais pourrait être utile dans l’identification des risques de suicide.
Au vu de ces résultats, Dracheva conseille aux psychiatres d’éviter de prescrire des SSRIs (Selective Serotonin Reuptake Inhibitor) dans certains cas. En effet, en plus d’augmenter la disponibilité en sérotonine, des recherches menées chez l’animal suggèrent que ces composés augmentent le nombre de récepteurs à la sérotonine liés au suicide. Ceci expliquerait pourquoi, dans certains cas, des patients dépressifs se suicident lors de leur traitement par ces médicaments.

Source :

http://www.nature.com/news/2006/061016/full/061016-1.html

Pour en savoir plus, contacts :


- http://en.wikipedia.org/wiki/Selective_serotonin_reuptake_inhibitor
- " The Human Homolog of the QKI Gene Affected in the Severe Dysmyelination "Quaking" Mouse Phenotype : Downregulated in Multiple Brain Regions in Schizophrenia" 2006 Haroutunian V., American Journal of Psychiatry 163 pp1834-1837
- "Quality-of-Life Impairment in Depressive and Anxiety Disorders" 2005 Rapaport M.H. Am J Psychiatry 162 pp1171-1178.
- http://www.biocompare.com/technicalarticle/1170/Quantitation-Of-GAD67-Gene-Expression-In-Prefrontal-Cortex-Of-Schizophrenia-Patients-Using-The-ICycler-IQ™-Detection-System-And-Molecular-Beacons-Rev-A-from-Bio-Rad.html
- http://www.aapsj.org/articles/aapsj0704/aapsj070485/aapsj070485.pdf
Code brève
ADIT : 39669

Rédacteur :

Brice Obadia deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org - Hedi Haddada attache-sdv.mst@ambafrance-us.org - Sophia Gray sophia.gray@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….