Le dossier médical électronique n’améliore pas la qualité des soins ambulatoires

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Alors que le dossier de santé électronique est considéré comme un élément clé pour l’amélioration de l’efficacité des services de santé américains, une étude menée au sein des Ecoles de Médecine de Stanford et Harvard montre que l’utilisation du dossier électronique n’a pas amélioré la qualité des soins dispensés en ambulatoire entre 2003 et 2004.

Dans le cas des soins prescrits lors de visites médicales chez le médecin, très peu d’informations étaient jusqu’à présent disponibles sur le sujet car la majorité des études antérieures ont été réalisées auprès de patients hospitalisés. Potentiellement, l’utilisation d’un dossier qui regroupe l’histoire médicale d’un patient sous forme électronique peut éviter les erreurs dues à la mauvaise lecture de notes manuscrites, rendre le suivi du patient dans le temps plus facile et simplifier le partage des informations médicales. Les chercheurs ont trouvé que le dossier électronique avait été utilisé dans 18% des 1.8 milliards de visites chez le médecin sur les années 2003 et 2004. Ils ont sélectionné 17 indicateurs de qualité des soins ambulatoires pour évaluer l’efficacité de l’utilisation de ce dossier.

Pour 14 d’entre eux, l’utilisation du dossier électronique n’a pas eu d’impact significatif sur la qualité des soins. Ces critères comprennent la gestion médicale des maladies courantes, la prescription d’un antibiotique recommandé, la prescription de tests de dépistage, la recommandation d’un régime et d’exercice pour les adultes à haut risque, les prescriptions potentiellement appropriées pour les patients âgés.

Sur 2 indicateurs -l’utilisation de benzodiazépine chez les patients dépressifs et l’analyse d’urine de routine lors d’un examen médical général- les prescriptions des médecins utilisant le dossier électronique ont été mieux adaptées. Pour un des critères, la prescription de statines chez les patients atteints d’hypercholestérolémie, les résultats ont été moins bons avec les médecins utilisant le dossier.

Randall Stafford, Professeur de Médecine Associé au Centre de Recherche de Prévention de Stanford, commente qu’il n’est pas suffisant d’avoir à disposition un système de dossier électronique qui fournit instantanément des données sur le patient et des conseils de prise de décision. Les médecins doivent aussi être réceptifs à ce genre de données et volontaires pour prendre en compte ces données dans leur analyse.

Même si les systèmes utilisés aujourd’hui sont bien plus performants que ceux utilisés en 2004 -ils peuvent aujourd’hui signaler des problèmes potentiels comme les co-prescriptions liées à des effets secondaires indésirables et recommander des tests ou médicaments à prescrire- les habitudes de pratique des médecins et la relation du praticien au media électronique ne pourra se modifier que graduellement.

L’étude publiée dans le numéro du 9 juillet 2007 de la revue Archives of Internal Medicine, a été financée par l’agence américaine pour la recherche et la qualité des soins médicaux -U.S. Agency for Healthcare and Research and Quality.

Source :

http://news-service.stanford.edu/news/2007/july25/med-ehr-072507.html

Pour en savoir plus, contacts :

Electronic Health Record Use and the Quality of Ambulatory Care in the United States
Jeffrey A. Linder, MD, MPH ; Jun Ma, MD, RD, PhD ; David W. Bates, MD, MSc ; Blackford Middleton, MD, MPH, MSc ; Randall S. Stafford, MD, PhD
Arch Intern Med. July 9, 2007 ; Vol. 167 No. 13:1400-1405.
Code brève
ADIT : 50654

Rédacteur :

Peggy Rematier, deputy-sdv.mst@consulfrance-sanfrancisco.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….