Le plan fédéral de recherche sur les risques des nanotechnologies est à revoir

, Partager

Le plan fédéral de recherche de la National Nanotechnology Initiative (NNI) sur les risques des nanotechnologies serait-il efficace ? Les experts du Project on Emerging Nanotechnologies (PEN) émettent de sérieux doutes à ce sujet. Le PEN a été créé en avril 2005 par le Woodrow Wilson International Center for Scholars pour s’assurer, en collaboration avec des chercheurs d’universités, de l’industrie et de politiciens, que les nanotechnologies progressent en réduisant les risques potentiels et en respectant la santé et les intérêts du public.

Le groupe de travail de la NNI (Nanotechnology Environment and Health Implications, NEHI) a récemment délivré sa stratégie pour la recherche sur la sûreté, la santé et l’environnement, impliquant plus de 20 agences fédérales dont l’Environmental Protection Agency (EPA), la Food and Drug Administration (FDA) et la Consumer Product Safety Condition (CPSC). Cependant, la recherche sur les risques dans chacune de ces agences de premier plan est beaucoup trop faible selon le PEN. Il signale que sur plus de 240 risques identifiés par le NEHI, seuls 5 concernent les effets d’une exposition directe aux nanomatériaux et ses dangers potentiels. Il accuse le NEHI de ne pas employer une stratégie descendante ("Top-Down"), dont le but serait de diriger les fonds et la recherche aux endroits où il y aurait le plus de risques ; en effet selon David Rejeski, le directeur du PEN, le plan fédéral du NEHI est une collection de programmes individuels de recherche, et pas une approche stratégique appropriée à une technologie dont la valeur des produits vendus est estimée à 2600 milliards de dollars d’ici 2014. Une étude précédente du PEN montrait que pour l’année fiscale 2005, le gouvernement américain avait dépensé seulement 1% des 1,2 milliards de dollars de l’investissement total pour les nanotechnologies dans la recherche sur les risques de haute priorité (http://www.nanotechproject.org/inventories/ehs).

Néanmoins, les choses se sont arrangées depuis les années précédentes, admet Rejeski. Mais seulement 40% des projets de recherche listés sont vraiment pertinents pour comprendre les risques potentiels des nanotechnologies. Pour les experts du PEN, de gros progrès restent à faire sur la stratégie à adopter par la NNI pour étudier tous les risques des nanotechnologies, mais surtout savoir distinguer les risques prioritaires des risques secondaires. Et cela passe impérativement par une stratégie Top-Down.

Source :

NNI (stratégie pour l’environnement, santé et sureté) - http://www.nano.gov/NNI_EHS_Research_Strategy.pdf

Pour en savoir plus, contacts :

PEN : http://www.wilsoncenter.org/index.cfm?topic_id=166192&fuseaction=topics.intro
Code brève
ADIT : 53241

Rédacteur :

Alban de Lassus - deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….