Les ARN, régulateurs de l’activité génétique à distance

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Les ARN ne sont plus considérés aujourd’hui comme de simples messagers de l’information génétique codant pour l’expression de protéines. Ils dévoilent d’autres fonctions bien plus complexes comme la capacité d’orchestrer l’activité de gènes à travers de vastes portions du génome humain, grâce à un mécanisme de contrôle épigénétique de la chromatine.

Alors que les petits ARN (siARN) sont maintenant bien connus pour leur capacité à éteindre des gènes en interférant avec leur expression, le rôle des plus grands ARN non codants (ncARN), était resté jusqu’à présent moins documenté. Même si on sait que certains de ces longues molécules de ncARN affectent l’expression de gènes voisins, l’abondance relative de ces molécules - qui représente environ la moitié de l’ADN transcrit dans la cellule- laisse entendre qu’elles possèdent en fait une sphère d’influence beaucoup plus large.

Les travaux de John Rinn et Howard Chang à l’Université de Stanford, publiés dans la revue Cell du 29 juin, montrent aujourd’hui qu’au moins un de ces ncARN est capable d’influencer l’expression de gènes situés à des endroits distants dans la cellule. Etudiant les profils d’expression des gènes HOX dans différentes cellules épithéliales, les chercheurs ont montré que le ncARN HOTAIR, situé dans la région HOXC du chromosome 12 , affecte l’expression du gène HOXD situé dans le chromosome 2.

Les chercheurs pensent que HOTAIR régule la transcription de gènes en affectant la compaction des chromosomes dans le noyau. Ils ont en effet identifié un de ses partenaires sur le locus HOXD, le Polycomb Repressive Complex 2 (PCR2) et montré qu’HOTAIR active PRC2, modifiant le profil de méthylation des histones connu pour son rôle dans la compaction de l’ADN.

Les chercheurs pensent que l’étude de ces nouveaux mécanismes de régulation épigénétique pourrait avoir des applications pour les thérapies anticancéreuses et la recherche sur les cellules souches. En effet, les protéines Polycomb sont connues pour être dérégulées dans un certain nombre de cancers et les profils d’expression des gènes HOX jouent un rôle important dans la régulation de la différentiation normale des cellules souches en peaux, muscles et autres tissus.

Source :

Stanford News : http://news-service.stanford.edu/news/2007/july11/med-rna-071107.html

Pour en savoir plus, contacts :


- Cell. 2007 Jun 29 ;129(7):1311-23.
Functional demarcation of active and silent chromatin domains in human HOX loci by noncoding RNAs.
Rinn JL, Kertesz M, Wang JK, Squazzo SL, Xu X, Brugmann SA, Goodnough LH, Helms JA, Farnham PJ, Segal E, Chang HY.
- Page web Chang’s Lab : http://changlab.stanford.edu/
- Programme de Biologie Epithéliale de l’école de médecine de Stanford : http://epibio.stanford.edu/
Code brève
ADIT : 43863

Rédacteur :

Peggy Rematier, deputy-sdv.mst@consulfrance-sanfrancisco.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….