Les Etats-Unis trop dépendants de leurs post-docs étrangers ?

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Un rapport publié récemment par les "National Academies" analyse les bienfaits et les préjudices générés par la présence importante de post-doctorants étrangers sur le territoire américain. Les USA ont enregistré ces dernières décennies une croissance importante du nombre de scientifiques étrangers : 58% des post-docs sont aujourd’hui des résidents temporaires, contre seulement 37% il y a 20 ans. Même au sein des National Institutes of Health (NIH), les boursiers ou post-docs américains sont une minorité (42%). Vu sous l’angle purement scientifique, la présence continue de compétences étrangères en Sciences et Ingénierie (S&E) est grandement bénéfique. Pour maintenir son leadership dans ce domaine, les USA doivent être capables de recruter les meilleurs scientifiques du monde. En revanche, cette dépendance grandissante des laboratoires américains vis-à-vis des "talents importés" peut avoir des effets préoccupants sur la politique scientifique américaine.
Les études sont longues et coûteuses : il faut plus de 7 ans pour obtenir sa thèse sans compter plusieurs années de post-doctorat avant de pouvoir éventuellement prétendre à un poste rémunéré à sa juste valeur. Une réalité peu stimulante qui décourage beaucoup d’américains de se lancer dans une carrière scientifique. Ils sont nombreux à s’engager dans des études moins longues et aboutissant à des carrières plus lucratives (droit et médecine notamment). A l’inverse, de nombreux étudiants étrangers, titulaires de visas temporaires, sont prêts à percevoir des revenus inférieurs à leurs homologues américains. Le rapport conclut que le pays fait face à un dilemme : d’un côté il doit maintenir ou augmenter sa qualité et son efficacité en S&E, notamment en attirant les meilleurs étudiants indépendamment de l’origine nationale, ce qui tend à diminuer les niveaux de salaire et les perspectives de carrière. De l’autre, le pays doit également faire tous les efforts pour encourager les étudiants américains à s’engager dans les programmes en S&E, ce qui demande d’offrir des salaires plus élevés et de meilleures opportunités de carrière…

Source :

http://nextwave.sciencemag.org/cgi/content/full/2005/11/03/8

Rédacteur :

Frédéric Suquet, forum.science@consulfrance-sanfrancisco.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….