Les étudiants asiatiques, objets de toute convoitise

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Les dernières statistiques de la publication annuelle Open Doors de l’Institute of International Education (IIE) confirment les tendances dégagées par quelques récentes enquêtes de moindres envergures, telle celle du Council of Graduate Schools : le nombre d’étudiants étrangers aux Etats-Unis semble enfin se stabiliser, après deux années de baisse. Ainsi, en 2005-06, ils étaient 564.766 dans les universités américaines (soit une diminution de seulement 0,05% par rapport à 2004-05). Le nombre de nouveaux étudiants étrangers a quant à lui augmenté de 8%, ce qui démontre un regain d’intérêt certain pour cette destination.
L’Inde, la Chine, et la Corée du Sud s’imposent dans une large proportion, comme les principales sources d’étudiants étrangers avec respectivement 76.503 Indiens inscrits dans les universités américaines en 2005-06, 62.582 Chinois, et 58.847 Sud-Coréens. La France arrive en 16ème position (6.640 étudiants Français sur les campus américains).

Ces résultats encourageants sont attribués à la combinaison de deux éléments. D’une part, l’implication manifeste du gouvernement fédéral dans toute entreprise promouvant à l’international les établissements d’enseignement supérieur américains : des efforts sont faits pour faciliter les procédures de demande de visa (principal facteur dissuasif pour les étudiants cherchant à s’expatrier) ; jusqu’ici négligés, les Community Colleges (établissements offrant des formations professionnelles en 2 ans) sont maintenant promus au même titre que les prestigieuses universités de recherche, enfin, comme annoncé en janvier 2005, Margaret Spellings, secrétaire de l’US Department of Education, rencontre les décideurs politiques, présidents d’universités et étudiants de pays stratégiquement ciblés, afin de les rassurer sur les possibilités d’obtention de visas et de faire la promotion des universités américaines. Ainsi, cette semaine, une délégation de 12 présidents d’établissements américains l’accompagnait au Japon, en Corée du Sud et en Chine. Le même exercice est également programmé dans les prochains mois en Amérique Latine et Asie du Sud.
D’autre part, les résultats obtenus feraient aussi écho aux stratégies offensives des universités américaines, qui essaient de faire face à l’inévitable perte de parts de marché au profit de pays comme l’Australie, le Canada et la Grande Bretagne, qui attirent tant et plus d’étudiants Chinois et Indiens dans leurs universités (+49,5% et +24,8% d’Indiens entre 2004 et 2005 au Canada et en Australie). En 2004, selon l’OCDE, les Etats-Unis captaient 21,6% du flux d’étudiants internationaux, contre 25,3% en 2000.


Qu’en est-il de la mobilité des étudiants américains ? Toujours d’après l’IIE, référence en matière de statistiques internationales, environ 206.000 étudiants américains se sont expatriés en 2004, soit une augmentation de 8% par rapport à 2003. Si l’Europe reste la destination la plus courante, captant 60,4% de ces étudiants, l’Asie devient de plus en plus populaire (8,1% des américains étudiant à l’étrangers s’y trouvaient en 2004-05), tout particulièrement la Chine, classée maintenant au 8ème rang de leurs destinations favorites (+35%, avec 6.389 étudiants américains cette année-là). L’engouement pour ce dernier pays est tel qu’à l’exemple de New York University, établissement américain envoyant le plus d’étudiants à l’étranger, les universités commencent à proposer des programmes d’études sur des sites installés en Chine.


Source :


- The Chronicle of Higher Education :
http://chronicle.com/daily/2006/11/2006112002n.htm
http://chronicle.com/weekly/v53/i13/13a04401.htm
http://chronicle.com/weekly/v53/i13/13a04601.htm
- Le site de l’Institute of International Education pour plus de données sur les flux d’étudiants internationaux :
http://www.opendoors.iienetwork.org/

Rédacteur :

Marie Parsy : universites.vi@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….