Les fullerènes C60 ne sont pas toxiques pour les microbes qui nettoient l’environnement

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Avec le développement des nanotechnologies dans l’élaboration de nombreux produits d’utilisation courante (crèmes solaires, crèmes hydratantes…), le risque de voir des nanoparticules se disperser dans l’environnement va nécessairement augmenter fortement. Même si la plupart des nanoparticules utilisées dans des procédés industriels ne sont pas toxiques à faible dose (ce qui n’est pas toujours totalement démontré), il reste difficile de prédire quel pourra être leur impact sur l’environnement dans l’hypothèse où de fortes concentrations s’y disperseraient. Une équipe de chercheurs de Purdue University vient de publier une des premières études qui se focalisent sur l’impact des fullerènes C60 (molécules composées de 60 atomes de carbone disposés en sphère) sur l’environnement, en s’intéressant à leur effet sur la bio activité de micro-organismes.

L’équipe de chercheurs, Dr Larry Nies, Dr Ron Turco et la doctorante Leila Nyberg a analysé les effets des fullerènes C60 sur un large éventail de micro-organismes chargés de détruire les substances organiques dans les eaux usées. Les microbes étudiés font partie des trois familles génétiques, bactéries, archaea et eukarya. Ces différents microbes sont aussi présents dans les sols, et on les trouve également dans les estomacs des animaux ruminants. Les chercheurs ont ajouté différentes concentrations de C60 sur tous les types de microbes étudiés. Pour analyser l’impact des fullerènes, les chercheurs ont d’une part utilisé une méthode classique de biologie moléculaire qui permet d’analyser le génome d’un organisme, et d’autre part déterminé les concentrations de CO2 et de méthane relâchés lorsque les micro-organismes attaquent la matière organique. Ils ont ainsi observé qu’en présence de C60, les microorganismes ne sont pas tués et gardent leur activité, même pour des concentrations très élevées, jusqu’à 50g de C60 pour 1kg d’eau. Il est vrai que les molécules de C60 ont une très faible solubilité dans l’eau, et que la solubilité est directement liée à la biodisponibilité qui est un important facteur de toxicité. Cela peut donc expliquer la non toxicité du C60 pour les microbes, même aux fortes concentrations.

Les chercheurs envisagent maintenant d’étudier avec le même type d’approche l’impact des nanotubes de carbone, dont les applications en nanotechnologies sont bien plus importantes que pour les C60 et qui sont donc plus susceptibles d’être retrouvés dans l’environnement.

Source :

Purdue University News : "Manufactured Buckyballs don’t harm microbes that clean the environment" 08/04/2008 - http://news.uns.purdue.edu/x/2008a/080408TurcoNanosludge.html

Rédacteur :

Alban de Lassus deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….