Les langues maternelles auraient une influence sur les maths

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Les personnes de langue maternelle anglaise, si on les compare à celles de langue maternelle chinoise, traitent les calculs mathématiques différemment, selon une étude conjointe du McKnight Brain Institute de l’Université de Floride, du Banner Alzheimer Institute en Arizonie et de la National Science Foundation de Chine.
Des recherches ont été faites sur ces deux groupes en leur faisant faire des calculs arithmétiques faciles (3+4, par exemple) et en prenant des images cérébrales des sujets simultanément. Chaque groupe utilisait, entre autres, la partie du cerveau appelé cortex inférieur pariétal (c’est dans cette partie du cerveau que se trouvent les capacités de représentation quantitative et les capacités de lecture). En revanche, les personnes de langue maternelle anglaise et de langue maternelle chinoise utilisaient en complément des parties différentes de leur cerveau durant ces opérations.
Les personnes de langue maternelle anglaise montraient de l’activité dans la partie du cerveau consacrée au traitement des langues, tandis que les personnes de langue maternelle chinoise avaient plus d’activité dans la partie du cerveau responsable pour le traitement de l’information visuelle. Ces résultats impliqueraient alors que les personnes de langue maternelle anglaise ont une manière différente des personnes de langue maternelle chinoise pour résoudre les problèmes mathématiques.
Richard Nesbitt, le directeur du "Culture and Cognition Program" de l’Université du Michigan avait également fait une étude l’année dernière sur les américains du nord d’origine européenne et ceux d’origine asiatique, en étudiant les différences dans l’activité du cerveau quand ils regardaient une image. Les américains du nord avaient tendance à se concentrer sur les détails et les objets du premier plan, tandis que les asiatiques se focalisaient sur l’arrière-plan et toute l’image. Selon le Dr. Nesbitt cette nouvelle étude sur les langues et les maths confirme son hypothèse selon laquelle il y a des différentes façons -au sens de l’activité cérébrale- de voir le monde et même de penser.
En fin de compte, ces résultats peuvent aider les chercheurs à comprendre les avantages de penser à la manière "asiatique" ou "occidentale".
L’etude a paru dans les "Proceedings of the National Academy of Sciences" en juin.

Source :


- Randolph Schmid. " Chinese, English speakers vary at math ". Lycos Wired News.
http://news.lycos.com/wired/story.asp?section=Science&storyId=1540921
- Yiyuan Tang, Wutian Zhang, Kewei Chen, Shigang Feng, Ye Ji, Junxian Shen, Eric M. Reiman, and Yijun Liu, " Arithmetic processing in the brain shaped by cultures. " Proceedings of the National Academy of Sciences, 30/06/2006 - http://www.pnas.org/cgi/content/abstract/103/28/10775

Rédacteur :

Elodie Sutton, assistant-stic.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….