Les nanotechnologies au service de la médecine régénérative

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A l’occasion d’une présentation qu’il a donnée au Woodrow Wilson International Center for Scholars à Washington le 23 avril dernier, Samuel Stupp, professeur à Northwestern University et directeur de l’IBNAM (Institute for BioNanotechnology in Medicine) a montré comment les nanotechnologies pouvaient être utilisées pour mobiliser les capacités de réparation de l’organisme pour la régénération de tissus ou d’organes.

Pour illustrer son propos, il a présenté les résultats qu’il a obtenu sur des souris de laboratoire paralysées à la suite de blessures de la colonne vertébrale, et qui ont retrouvé l’usage de leur pattes 6 semaines seulement après l’injection d’un nanomatériau approprié. En injectant des molécules conçues pour s’auto assembler sous forme de nano fibres dans les tissus de la moelle épinière, il a été possible de réparer et faire recroître des neurones endommagés. Lors de leur formation, les nano fibres se localisent dans des zones des tissus où elles activent certains processus biologiques qui permettent de réparer les cellules atteintes.

L’équipe de Sam Stupp a aussi découvert que ces nano fibres étaient capables d’orienter la différentiation de cellules souches vers la fabrication de neurones. Ces avancées peuvent avoir des implications dans les maladies de Parkinson et d’Alzheimer pour lesquelles des cellules du cerveau cessent de fonctionner normalement.

Sam Stupp a présenté des résultats préliminaires obtenus dans le cadre d’une collaboration avec des équipes mexicaine et canadienne qui font apparaître une amélioration sensible des symptômes de la maladie de Parkinson chez des souris traitées avec les nanostructures développées dans son laboratoire. Il a engagé par ailleurs en association avec Jon Lomasney, professeur associé de pathologie à Northwestern University, une étude visant à exploiter ce même type de nano fibres pour permettre de rétablir la fonctionnalité du coeur après un infarctus. Cet objectif s’appuie sur des travaux qu’il a publiés en 2006 et qui montrent qu’en utilisant l’héparine, un bio polymère capable de se lier à des facteurs de croissance impliqués dans l’angiogénèse, on peut former par auto-assemblage des nanofibres qui favorisent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins in vivo.

Source :


- http://stupp.northwestern.edu/
- http://www.wilsoncenter.org/index.cfm?fuseaction=events.event_summary&event_id=233295
- Kanya Rajangam, Heather A. Behanna, Michael J. Hui, Xiaoqiang Han, James F. Hulvat, Jon W. Lomasney, and Samuel I. Stupp, Nano Lett. ; 2006 ; 6(9) pp 2086 - 2090

Rédacteur :

Roland Hérino - attache-phys.mst@consulfrance-houston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….