MIT et réalités du changement climatique : un nouveau modèle démontre un réchauffement deux fois plus rapide qu’initialement prévu

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Le MIT a rendu public les résultats de son dernier modèle climatique visant à estimer la vitesse de réchauffement de la température à la surface de la terre. Dans le but d’évaluer les degrés de risques encourus en fonction de différents scénarios politiques, le modèle développé par le MIT intègre un grand nombre de variables économiques. Si aucune réglementation de GES n’est émise à l’échelle internationale, les chercheurs du MIT estiment la vitesse de réchauffement de la terre deux fois plus importante qu’initialement calculée en 2003.

Publié ce mois-ci dans le journal de l’"American Meteorological society", ces résultats mettent en évidence un réchauffement de la température de surface d’en moyenne 5,2°C d’ici 2100 (90% de chance que l’augmentation de température soit comprise entre 3,5 et 7,4°) dans le cadre d’une absence de réglementation des GES alors que les études de 2003 annonçait une augmentation de 2,4°C. Cette différence s’explique par la prise en compte de plusieurs facteurs tels que l’amélioration du modèle économique et l’augmentation de la quantité et du degré de précision des données disponibles. Pour les scénarios incluant une réglementation des GES, les résultats estiment une augmentation moyenne de la température de 2,5°C (deux tiers de chance que l’augmentation soit comprise entre 2 et 3°C). L’ensemble des résultats de modélisation est présenté sous forme de graphique sur le site du MIT (cf. lien internet : http://web.mit.edu/newsoffice/2009/roulette-1-enlarged.html).

Développé dans le cadre du programme"Science and Policy of global change" du MIT, financé en partie par le DoE (Department of Energy), ce modèle a pour caractéristique d’être couplé à un modèle économique détaillé, tenant compte de la croissance économique des différents pays ainsi que de leur politique énergétique. Afin d’évaluer la probabilité de réalisation de chaque scénario, les chercheurs Andrei Sokolov et Ronald Prinn ont utilisé le modèle 400 fois en modifiant à chaque fois une variable différente. Chaque essai de modélisation représente ainsi un scénario d’évolution du climat. L’ensemble des résultats de ces scénarios a par la suite fait l’objet d’analyses par différents groupe de recherche afin de déterminer leur probabilité de réalisation.

Si des recherches dans ce domaine ont été menées au sein d’autres organismes s’appuyant notamment sur l’analyse des paramètres climatiques et de leur de variabilité naturelle, le modèle du MIT est jusqu’à présent le seul à inclure une analyse détaillée des changements de comportement humain et de leur impact sur la biomasse et les enveloppes fluides de la terre (océans, cours d’eau, masses d’air). Dans l’ensemble, ces résultats soulignent l’urgence d’agir dans le domaine de la réglementation. Les chercheurs espèrent ainsi apporter leur aide aux responsables politiques qui débattent en cette semaine le projet de loi "Climate bill" (visant à réguler les émissions de GES aux Etats-Unis) proposé par les représentants Waxmann et Markey.

Pour en savoir plus, contacts :


- Programme du MIT "Science and Policy of Global Change" : http://globalchange.mit.edu/
- BE Etats-Unis 163. (23/04/2009). Les Etats-Unis : en route vers une régulation de leurs émissions de GES ! : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58772.htm
Code brève
ADIT : 59219

Rédacteur :

Agathe Dumas (deputy-envt.mst@ambafrance-us.org)

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….