Marc Garbey, chercheur expatrié, un relais entre la France et le Texas

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En 2002, alors qu’il est Professeur de Mathématiques Appliquées à l’Université de Lyon, Marc Garbey accepte un poste de Professeur d’Informatique à l’Université de Houston (Texas), dont il devient dès 2004 Chairman du Département d’Informatique, pour 5 ans.

En 2008, Marc Garbey commence à travailler avec Barbara Bass, Chair du département de chirurgie au Methodist Hospital. Ils vont faire émerger un domaine alors en gestation : la « chirurgie computationnelle ». Cette spécialité concerne l’utilisation des mathématiques en imagerie, robotique et informatique médicale afin d’améliorer la pratique chirurgicale. Marc Garbey travaille notamment sur la modélisation des conséquences d’une ablation d’une tumeur du sein ou encore sur des flux sanguins pour prédire l’obstruction des vaisseaux.

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Marc Garbey à la conférence Super Computing 2008, réunissant chercheurs et industriels. Il y présente un logiciel de simulation de turbines, mis au point avec l’Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et d’Aéronautique de Poitiers.

Autour de cette thématique, il va entrainer ses anciens collaborateurs français des Universités de Strasbourg, Bordeaux et La Rochelle, ou encore de l’INRIA. Des échanges scientifiques sont financées par le Partner University Fund (PUF) de l’Ambassade de France pour la période 2009-2011, durant laquelle Marc Garbey accueille une bonne dizaine d’étudiants français. Plusieurs continuent par un doctorat en cotutelle entre l’Université de Houston et leur université française, avec double diplôme.

A la suite des échanges lancés grâce au PUF, un projet de diplôme transatlantique a été validé par le programme de coopération américano-européen Atlantis. Ce projet, qui ajoute aux partenaires du PUF l’Université Politechnico di Milano et l’Université de Floride, recevra 458 000 $ et 428 000 € pour la période 2010-2015.

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Marc Garbey et Victoria Hilford ainsi que leurs étudiants, cinq français des universités de Bordeaux, Paris 6, La Rochelle et Strasbourg, et trois étudiants du Pakistan, d’Inde et de Thaïlande.

Encouragé par ces succès, Marc Garbey poursuit l’aventure dans le domaine de l’écologie, en partenariat avec l’Université de Rennes. Les algorithmes développés par son équipe trouvent leur utilité dans la modélisation de la dynamique des populations de plantes clonales, qui jouent un rôle important pour la biodiversité ou encore la régulation des émissions de carbone. Son équipe à Houston se charge de la modélisation pendant qu’une équipe de Rennes conduit des expériences de terrain.

Loin du spectre de la « fuite des cerveaux » souvent déplorée, la trajectoire de Marc Garbey montre que les chercheurs expatriés peuvent être de vrais ambassadeurs de la recherche française. Bien qu’installés aux Etats-Unis, ils sont des relais très efficaces pour améliorer la compréhension réciproque entre les deux systèmes de recherche et d’enseignement supérieur, et développer des collaborations.

Rédacteur : Vincent Reillon, attaché adjoint pour la science et la technologie au Consulat Général de Houston.