Missions spatiales environnementales : comment améliorer la stratégie américaine ?

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Une série d’auditions portant sur les programmes spatiaux de surveillance de l’environnement a eu lieu au Congrès ces dernières semaines au sein de la Commission des Appropriations de la Chambre. Les informations apportées par les spécialistes invités à témoigner devraient éclairer les législateurs de ce Comité en charge d’allouer les fonds aux agences et qui se préparent pour les débats concernant les budgets 2010 de la NASA et de la NOAA notamment dans quelques semaines.

Compton Tucker -spécialiste des observations de la végétation au Goddard Space Center de la NASA- a insisté sur le rôle essentiel de ce type d’observation pour la compréhension du changement climatique. La continuité des données des satellites Landsat, le développement du capteur de photosynthèse VIIRS (Visible Infrared Imager Radiometer Suite) qui volera sur le satellite NPP (NPOESS Preparatory Project) ou encore la conception d’un instrument mesurant la hauteur de la canopée sont les priorités évoquées par le scientifique.

Son collègue du Goddard Robert Bindschadler a souligné l’importance des données provenant des satellites observant la fonte des glaces et le niveau des océans comme Terra, Aqua, ICESat et Grace de la NASA, ERS 1 et 2 de l’ESA et bien sur les missions d’altimétrie franco-américaine Topex et Jason. Le National Research Council (NRC) a d’ailleurs reconnu l’observation des couches de glace et l’océanographie spatiale en tant que composantes clés du prochain plan décennal en recommandant les missions SWOT (Surface Weather Ocean Topography) - partenariat franco américain - et Grace II.

Antonio Busalacchi, de l’Université du Maryland, a quant à lui prôné la continuité des données d’altimétrie océanographique et l’intérêt d’améliorer les modèles d’interaction océan/atmosphère avec des paramètres plus précis. Il a notamment rappelé le rôle crucial de Jason-3 avant de déplorer les quelques incertitudes politiques qui demeurent au sujet de ce satellite -le sénateur Bill Nelson avait d’ailleurs interpellé le nouveau Secrétaire au Commerce à ce sujet lors de son audition de confirmation- et d’évoquer le manque de politique claire et de cohérence au sujet des observations climatiques à long-terme.

C’est aussi l’avis de Richard Anthes -Président de l’University Corporation for Atmospheric Research- qui a également remis en cause les coopérations entre agences (à commencer par le schéma NASA/NOAA qui confère le développement et la recherche au premier et les opérations au second) et le manque d’une agence indépendante mandatée et financée clairement pour apporter à la nation des observations et prévisions sur le changement climatique.

Une étude de la NRC vient d’ailleurs d’être lancée afin d’évaluer les obstacles posés par la coopération entre agences en matière d’observation de la Terre. L’échange de données via des coopérations internationales a été reconnu comme un élément indispensable du suivi de l’environnement et des applications humanitaires ont également été citées (USAID Famine Early Warning System) à destination de pays africains notamment.

Pour information, l’ "Omnibus Bill" voté il y a 2 semaines prévoit $150 Millions pour accélérer l’implémentation des missions recommandées par le plan décennal (Decadal Survey) de la NRC.

Source :

Site du Comité des Appropriations de la Chambre des Représentants (témoignages en ligne) : http://appropriations.house.gov/Subcommittees/sub_cjs.shtml

Rédacteur :


- François Didelot cnes.mst@ambafrance-us.org
- Remerciements à Anna Burzykowska, Young Graduate Trainee au bureau de l’ESA à Washington pour sa contribution concernant l’audition suivante : "Critical Satellite Climate Change Datasets, US House Appropriations Committee, Science Subcommittee, 18/03/2009"

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….