Montée du e-commerce aux Etats-Unis : Plus besoin d’aller au supermarché pour faire ses courses.

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Les habitudes alimentaires des consommateurs évoluent grâce aux nouvelles tendances technologiques et aux achats en ligne. Il existe différents marchés de e-commerce, ou commerce électronique alimentaire :
-  des plateformes en ligne qui permettent aux clients de passer commande auprès de restaurants
-  des plateformes en ligne où les clients peuvent passer commande, mais où le restaurant physique n’accueille pas le public
-  des boites repas prêtes à cuisiner
-  les magasins drive, où les supermarchés permettent aux clients de commander en ligne avant de récupérer leurs courses en magasin
Aujourd’hui, les consommateurs veulent de la praticité et de l’immédiateté. Ces besoins ont contribué à alimenter la tendance croissante du e-commerce. Ils sont de plus en plus sensibilisés et leurs préférences se tournent vers une approche numérique et plus durable de leurs choix dans leur alimentation.

L’e-commerce alimentaire, un secteur en forte croissance aux Etats-Unis et en Chine

Les ventes en ligne de produits alimentaires ont progressé de 13 % à l’échelle mondiale entre juin 2017 et juin 2018. Les deux principaux contributeurs à cette croissance du e-commerce des produits de grande consommation (PGC) sont les États-Unis et la Chine, qui ont tous deux connu une croissance de 30% dans la vente en ligne de PGC ces 5 dernières années. Ils sont suivis par la Corée du Sud, Taïwan, le Japon, le Royaume-Uni et enfin la France.

Aux Etats-Unis, le chiffre d’affaire du e-commerce dans le secteur alimentaire et des boissons était de 16 milliards de dollars en 2018, et devrait atteindre près de 24 milliards en 2021.
Chiffre d’affaires du ventes au détail d’aliments et de boissons aux États-Unis de 2017 à 2023 (en millions de dollars US)

D’après Kantar Worldpanel (2017), cette croissance va continuer à augmenter. Les ventes en ligne des PGC et des produits frais libre-service représenteront 170 milliards de dollars dans le monde en 2025, et détiendront une part de marché de 10 %.

Les grandes entreprises et les gouvernements s’adaptent à la montée du e-commerce

Depuis 2014, les magasins spécifiquement dédiés aux ventes en ligne, tels qu’Amazon (entreprise US), Alibaba (Chine) et JD.com (Chine) attirent de nouveaux acheteurs tandis que les magasins traditionnels constatent une baisse de la clientèle en ligne.

En 2018, de nombreuses entreprises ont ajouté de nouvelles gammes de produits et ont introduit des produits plus sains dans leur gamme existante. Pourtant, plutôt que de développer ces nouveaux produits dans le cadre des activités existantes du magasin, de plus en plus de sociétés acquièrent des entreprises qui produisent le type d’aliments ou d’ingrédients qu’elles recherchent. Ces acquisitions se font souvent avec un coût inférieur à celui associé la recherche et au développement de nouveaux produits. En un sens, l’externalisation via l’acquisition est une nouvelle façon de conduire la R&D pour de nombreuses entreprises du secteur des aliments et des boissons qui veulent améliorer leur offre de produits et leur marque.

En 2017, le géant de la distribution en ligne, Amazon, a racheté pour 13,7 milliards de dollars les supermarchés de produits biologiques Whole Foods Markets. Depuis ce rachat, les ventes d’Amazon Fresh, service de livraison dédié aux produits frais, ont grimpé.

En novembre 2018, Movile, une société brésilienne de capital-risque a levé près de 400 millions de dollars pour sa filiale iFood qui permet de commander en ligne des repas, une levée de fonds parmi les plus importantes en Amérique du Sud pour une startup. L’Amérique latine, en particulier le Brésil et l’Argentine, qui comptent parmi les plus grandes industries agricoles du monde, commence à rattraper son retard par rapport à ses homologues occidentaux.

Le gouvernement américain ne fait pas exception et s’adapte également à l’évolution des demandes des consommateurs. Le programme SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program) aide les familles américaines à faibles revenus à acheter de la nourriture par le biais de bons alimentaires. En avril 2019, le Ministère de l’Agriculture Américain (USDA) a annoncé le lancement d’un projet pilote pour les inscrits au programme SNAP de l’état de New York. Ils peuvent désormais utiliser leurs bons avec les plateformes en ligne Amazon et Walmart pour faire leurs courses. Ce projet touche près de 38 millions d’Américains.

Conclusion

La catégorie des aliments et boissons dans les ventes en ligne est l’une des plus sous-représentées sur le marché américain. Avec 14,94 milliards de dollars en 2018, les ventes au détail d’aliments et de boissons en ligne ne représentent que 2,8 % de toutes les ventes en ligne aux États-Unis cette année. Bien que ce pourcentage soit assez faible, il s’agit également de l’une des catégories en ligne qui connaît la croissance la plus rapide. Il est peu probable que le nombre de magasins diminuent de façon radicale, néanmoins les options qui s’offriront aux consommateurs pour acheter des produits alimentaires vont augmenter. Les grandes entreprises ont déjà commencé à s’adapter et à améliorer leurs offres en ligne pour conserver leur part de marché.

Rédactrice  :
- Mégane Chesné, Attachée scientifique adjointe. Contact : deputy-agro@ambascience-usa.org