Nouveaux modèles de partenariats public-privé : l’exemple californien de sf.city()

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San Francisco est-elle la capitale mondiale de l’innovation ? C’est ce que clame haut et fort l’actuel maire Edwin M. Lee, une affirmation de nouveau réitérée devant un parterre d’entrepreneurs et de professionnels du high-tech lors de la dernière conférence californienne TechCrunch il y a quelques semaines. Les quelques 800 startups localisées dans son périmètre urbain ne sont pas là pour le faire mentir. Ce jour-là, son ami et célèbre investisseur californien Ron Conway lui faisait directement écho en soulignant l’arrivée de l’entreprise Pinterest en centre-ville comme un signe révélateur de la migration massive des entreprises de haute technologie. San Francisco deviendrait-elle l’épicentre de la Silicon Valley ? Si les chiffres le laissent à penser - la ville a connu une croissance de 30% des emplois de haute technologie entre janvier et septembre 2012 [1] - les initiatives visant à renforcer cette tendance se multiplient : la création début 2012 de sf.city() ; une organisation visant à renforcer le lien entre les équipes de la municipalité et les entreprises high-tech locales, en est un exemple parfait.


Quel modèle d’innovation pour la ville de demain ?
Crédits : MS&T


sf.city() ; L’intitulé fait penser à une ligne de code. Ce n’est pas anodin : la San Francisco Citizens Initiative for Technology & Innovation est une organisation créée pour défendre les intérêts de la puissante communauté technologique de la Vallée et exploiter les synergies possibles avec la ville autour de la thématique centrale de l’action civique. Les équipes de sf.city() ; - aujourd’hui sept ex-fonctionnaires chevronnés maîtrisant parfaitement les arcanes de la vie publique régionale - travaillent à promouvoir au quotidien les politiques d’innovation, notamment en matière de haute technologie, en collaboration étroite avec le gouvernement. L’idée est de définir puis de mettre en place des solutions nouvelles aux problèmes auxquels la municipalité est traditionnellement confrontée : le champ d’action est tout autant technologique (au travers notamment de l’optimisation des infrastructures de transport et de l’organisation des services publics grâce aux Technologies de l’Information et de la Communication) qu’économique et social (citons la proposition de réforme des lois relatives à la taxation des sociétés installées dans la ville ou la création de nouvelles bourses académiques afin de motiver les nouvelles générations à considérer une carrière publique). L’ambition est claire : stimuler la croissance et le développement de la ville de San Francisco. L’accent est mis sur la sécurité publique, le transport, la formation, l’innovation et l’éducation. En partenariat avec d’autres structures comme Code for America [2], les jeunes talents sont identifiés, les startups prometteuses aidées, les solutions aux défis de la ville naissent lors d’événements ou de hackathons. Mais l’organisation ne perd pas de vue sa ligne directrice de défense des intérêts du secteur des hautes technologies. Comment ? Par exemple en favorisant le dialogue et le partage d’idées innovantes au sein de la communauté sf.city(), permettant ainsi aux 320 entreprises membres - on y croise des startups mais aussi des géants comme Google, Oracle ou Salesforce - de rester informées et interconnectées. Ou encore de proposer le savoir-faire de ces sociétés lorsque la municipalité fait part de ses ambitions et de ses besoins en matière d’efficience structurelle et du fonctionnement interne. Emploi et éducation sont des cibles privilégiées, mais les intérêts économiques survivent logiquement en toile de fond.

Lobby, organe semi-public, entité aux objectifs socio-économiques louables, gouvernement 2.0 ? Les avis divergent, mais l’organisation fait parler d’elle dans la Vallée et les succès affichés à la fin de cette première année de fonctionnement sont nombreux (se référer à la liste des actions en cours que vous pouvez trouver ici : http://www.sfciti.com/initiatives). D’après Jérémy Wallenberg, l’efficace directeur des affaires extérieures autrefois en charge de la campagne d’Edwin M. Lee, les défis pour l’année 2013 sont tout aussi importants - pérenniser la structure, mener à bien le portefeuille de projets lancés fin 2012 - et le concept pourrait bien s’exporter à d’autres villes, d’abord aux Etats-Unis mais également à travers le monde : Melbourne, Shanghai, Londres ont ainsi été contactées. Suivant cette volonté de pérenniser le modèle, le sujet a été abordé à la dernière conférence des maires américains à Washington mi-janvier 2013 [3]. A cette occasion, San Francisco a notamment été primée pour sa capacité à innover en matière de partenariat public-privé [4]. San Francisco, capitale de l’innovation gouvernementale ?

Sources :


- Entretien avec Jeremy Wallenberg, Directeur des Affaires Extérieures à sf.city() ;
- [1] TechChrunch - Boom Town : Tech Jobs Have Grown By A Third In San Francisco Since The Start Of 2012. http://techcrunch.com/2012/08/27/san-francisco-tech-job-data/
- [2] Bulletin Electronique Etats-Unis #309 (20/11/2012). Code for America et SF Open Data, l’innovation au service des pouvoirs publics. Disponible sur : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71490.htm
- [3] The United States Conference of Mayors. http://usmayors.org/
- [4] Four Cities honored for excellence & innovation in Public-Private Partnerhsips. The U.S. Conference of Mayors ’Best-Practice’ Awards. http://usmayors.org/pressreleases/uploads/2013/0119-release-publicprivatepartnership.pdf

Pour en savoir plus, contacts :

Le site web de sf.city() ; : http://www.sfciti.com/
Code brève
ADIT : 72098

Rédacteurs :


- Pierrick Bouffaron (pierrick.bouffaron@consulfrance-sanfrancisco.org) ;
- Suivez le secteur des Eco-technologies sur http://sf.france-science.org ;
- Retrouvez toutes nos activités sur http://sf.france-science.org.

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….