Nouvelle approche pour comprendre les fondements de la maladie d’Alzheimer

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Après trois ans de travaux préliminaires, le laboratoire de Michael Bowers à l’Université de Californie à Santa Barbara a remporté le soutien du NIH (National Institute of Health) pour mettre en oeuvre une approche innovante visant à comprendre les mécanismes moléculaires à l’origine de la maladie d’Alzheimer.
Cette maladie neurodégénérative, qui entraîne progressivement la perte des fonctions mentales, touche plus de 3% des personnes âgées de plus de 65 ans en France, soit entre 300.000 et 350.000 personnes.

Son mécanisme consiste principalement dans la perte ou l’atrophie de neurones, parallèlement à une réponse inflammatoire, à la déposition de plaques séniles et à des enchevêtrements neurofibrillaires.
La formation de plaques séniles est un mécanisme extracellulaire d’accumulation de protéines anormales bêta-amyloïdes, alors que la dégénérescence neurofibrillaire est un phénomène intracellulaire d’accumulation de protéines tau hyperphosphorylées, responsable de lésions cellulaires secondaires et de la formation de filaments appariés en paire.

Depuis 5 ou 6 ans, les recherches sur les mécanismes cellulaires et moléculaires à l’origine de la maladie d’Alzheimer suggèrent que les plaques amyloïdes et les enchevêtrements neurofibrillaires ne sont que des marqueurs de la maladie. La cause réelle proviendrait plutôt de bien plus petits peptides, des oligomères solubles d’Abeta 42.

Michael Bowers a compris très tôt que son laboratoire, spécialisé dans la technique de spectrométrie de mobilité ionique, possédait une expertise clé pour l’étude de ces phénomènes car cette approche permet d’obtenir des informations précises sur le repliement en 3 dimensions de protéines de petite taille. Elle s’adapte donc parfaitement à l’étude des changements de conformation des oligomères à l’origine de la maladie d’Alzheimer.

Le laboratoire utilise la spectrométrie de mobilité ionique couplée à des analyses de spectrométrie de masse, qui permettent de déterminer-via une mesure très précise de masse- la composition protéique d’un échantillon. Les chercheurs analysent la façon dont les peptides se replient, causant ainsi leur aggrégation et perturbant les fonctions neuronales.
Selon Bowers, les deux techniques utilisées fournissent un angle d’attaque encore inexploré pour comprendre les bases moléculaires des maladies neurodégénératives.
Au total, 9 millions de dollars sur 5 ans ont été attribués au projet qui regroupe 4 laboratoires du MIT, de l’Université de Boston et de l’Université de Californie à Los Angeles.

L’équipe utilise aussi cette technique pour étudier les protéines impliquées dans d’autres maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson et les maladies à prions. Des travaux financés par le gouvernement britannique visent à mettre au point un test diagnostic de l’encéphalite spongiforme bovine.

Source :


- http://www.ia.ucsb.edu/pa/display.aspx?pkey=1557
- http://en.wikipedia.org/wiki/Alzheimer

Pour en savoir plus, contacts :


- http://bowers.chem.ucsb.edu/
- http://www.uclaaccess.ucla.edu/UCLAACCESS/web/Faculty.aspx?ri=10019
Code brève
ADIT : 41846

Rédacteur :

Mireille Guyader, attache-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org - Peggy Rematier, deputy-sdv.mst@consulfrance-sanfrancisco.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….