Ouverture de la COP21 Le CNES au cœur du volet spatial

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Le rôle du spatial dans l’étude et la préservation du climat n’est plus à démontrer. Qu’il s’agisse d’établir les modèles climatiques nécessaires à la météorologie, de mesurer la hausse du niveau des océans, d’anticiper les catastrophes climatiques et de contribuer aux secours, ou encore de mesurer les émissions de gaz à effet de serre, les satellites sont depuis longtemps les meilleurs alliés des scientifiques. D’ailleurs, sur les 50 variables climatiques essentielles établies par le GIEC (Groupe d’experts international sur l’étude du climat), 26 ne sont observables que depuis l’espace.

Véritable champ d’expertise depuis plus de 20 ans, la tradition de l’océanographie au CNES remonte aux années 80, avec la mission franco-américaine Topex-Poseidon, lancée en 1992, qui a ouvert une véritable voie dans ce domaine, dont l’héritage perdure aujourd’hui avec les satellites Jason. Depuis lors, les contributions du CNES à la flotte des satellites et missions étudiant le climat sont très nombreuses, avec notamment les satellites Pléiades pour l’observation, la mission SMOS dédiée à la mesure de l’humidité des sols et de la salinité de l’océan, ou encore les instruments IASI pour l’étude de l’atmosphère. Engagé pour trouver de nouvelles solutions dans la lutte contre le réchauffement climatique, le CNES s’apprête désormais à lancer les missions MicroCarb et Merlin, en 2020. La première aura pour mission de mesurer les émissions régionales de gaz carbonique et la seconde scrutera celles de méthane, les deux principaux gaz à effet de serre responsables de la hausse de la température mondiale globale.

C’est grâce à son expertise et son rôle central, que le CNES a mené les discussions auprès des agences spatiales mondiales, afin que le volet spatial de la COP21 débute sous les meilleurs auspices. Depuis le début de 2015, les spécialistes du CNES ont ainsi mené un véritable marathon, ponctué par quelques étapes décisives, comme en février avec la tenue en Inde de la première conférence de l’IAA (International Academy of Astronautics) sur le changement climatique, en juin avec la réunion des chefs d’agences spatiales mondiales au Siège du CNES dans le cadre du Salon du Bouget, ou encore la rencontre avec l’ISRO, l’agence spatiale indienne, le 23 novembre dernier à New Delhi. Mais c’est incontestablement le Sommet de Mexico qui restera comme l’événement le plus emblématique de 2015, la première réunion des chefs d’agences spatiales de l’histoire, qui s’est traduite, le 18 septembre, par une déclaration commune en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique.

Au plan national et européen, autres faits majeurs pour la contribution du spatial à l’étude et à la préservation du climat, la mission MicroCarb ainsi que la mission Merlin développée avec l’Allemagne, dont les lancements prévus à l’horizon 2020, par un lanceur européen depuis le Centre Spatial Guyanais, marqueront invariablement un tournant.

Pour Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, il s’agit « de la dernière ligne droite vers un accord historique, en faveur duquel le CNES n’a cessé d’œuvrer, en montrant les apports actuels et les possibilités futures du spatial pour la préservation du climat. Le dynamisme du CNES en faveur de cette cause, particulièrement en cette année 2015, est la traduction logique de son expertise et de son investissement dans ce domaine depuis plusieurs décennies, ainsi que de sa volonté de servir au mieux le gouvernement français, que nous remercions pour la tâche qu’il nous a confiée et dont nous mesurons pleinement l’importance. »