Parcs serrent vis

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Selon un rapport de la National Parks Conservation Association, de nombreux sites dépendant du National Park Service (NPS) seraient menacés par des développements immobiliers et touristiques.

En effet, de vastes terrains compris dans les périmètres des parcs et dans leur environnement immédiat appartiennent à des propriétaires privés, ce qui rend précaire la préservation des sites et augmente leur fragmentation. Une large majorité des propriétaires concernés serait disposée à céder leurs terrains au NPS, mais le budget de cette agence, gravement amputé dans les dernières années, ne lui permet pas de réaliser les acquisitions. Face à cette situation, certains propriétaires perdent patience et se tournent vers les promoteurs et l’industrie du tourisme, très intéressés par des développements au voisinage de sites préservés et remarquables. La NPCA évalue à plus de 70.0000 hectares la superficie totale de ces terrains critiques qui risquent d’échapper au National Park Service. Leur valeur est estimée à 1,9 milliard de dollars.

Le budget du NPS réservé aux acquisitions est en principe confortable. Il est abondé à raison d’environ 900 millions de dollars par an, principalement par les redevances des concessions d’hydrocarbures de la plateforme continentale. Malheureusement, le fonds ad hoc créé par le congrès américain (Land and Water conservation fund) est régulièrement détourné vers d’autres usages. Sur les 29 milliards de dollars collectés entre 1965 et 2006, moins de la moitié a été effectivement versée aux programmes fonciers du National Park Service. A ce phénomène chronique est venue s’ajouter une chute spectaculaire des budgets alloués depuis 2000 : près de 148 millions de $ en 1999 et 44,4 millions votés par le Congrès pour 2008 (proposition présidentielle : 22,5 millions).

La vision de l’administration Bush s’agissant du NPS est en effet de contraindre cette agence à augmenter sa part d’autofinancement en développant les attractions, les services commerciaux, les espaces publicitaires, voire en vendant une partie de son patrimoine. Une proposition en ce sens du représentant Californien Pombo en octobre 2005 avait soulevé un tollé des organisations de protection de la nature et du patrimoine. Le représentant suggérait par exemple de vendre l’île Roosevelt, un espace vert situé au milieu du Potomac dans le District de Columbia.

La NPCA demande donc instamment que le budget 2009 pour les acquisitions foncières du NPS soit relevé à 100 millions de dollars et conjure le gouvernement américain de définir des priorités et de préparer un plan pour conclure l’acquisition des terrains concernés d’ici à 2016, centième anniversaire du National Park Service.

Institué en 1916, 44 ans après la création du premier parc national (Yellowstone), le National Park Service est l’agence du Département de l’Intérieur chargée de la gestion de 391 sites remarquables, dont 58 parcs naturels, 57 monuments, 44 mémoriaux, 42 parcs historiques et 100 sites historiques et militaires. Le patrimoine en gestion occupe une superficie d’environ 340 millions d’hectares (soit l’équivalent de la Finlande). 1,7 million d’hectares (5% du total) sont des terres privées situées à l’intérieur des limites des parcs. La proportion de terres privées peut atteindre 20% dans certains sites comme le parc militaire de Gettysburg en Pennsylvanie.

Source :

America’s Heritage for sale, rapport de la National Parks Conservation Association, 04/2008, http://www.npca.org/landforsale/pdf/npca-land_water-report.pdf

Pour en savoir plus, contacts :

"Proposition du représentant Pombo pour la vente aux enchères de certains parcs nationaux" - BE Etats-Unis numéro 6 (20/10/2005) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/30142.htm
Code brève
ADIT : 54047

Rédacteur :

Philippe Jamet, AST, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….