Petits paris qui peuvent rapporter gros : une nouvelle race de capital risque

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Union Square Venture, jeune société de capital risque établie depuis 4 ans, s’est spécialisée dans les petits investissements pour les entreprises du secteur du web.

La plupart des sociétés de capital risque ont deux principaux réflexes : investir de grosses sommes d’argent afin d’atteindre un seuil critique de participation au capital d’une jeune entreprise et miser sur un investissement en solo (BE Etats-Unis 123). Union Square Venture a choisi une tout autre option, celle de proposer de petits investissements d’amorçage à des sociétés spécialisées dans les nouvelles technologies liées à l’Internet. Union Square Venture fait le pari de la diversité de son portefeuille de sociétés.

D’une façon générale, les entrepreneurs sont peu enclins à se tourner vers les capitaux-risqueurs. Deux raisons à cela : ces derniers sont capables de dénaturer le projet initial du concepteur et d’autre part, ils sont susceptibles de réclamer dès les premiers tours de table 20% du capital de la société. Et céder 20% de son capital, c’est aliéner une partie de son pouvoir de décision. Union Square Venture a bien compris cette réticence des créateurs et n’investit jamais à plus de 5% au cours du premier tour de table. Cela présente deux avantages : pour la société, la possibilité d’élargir son portefeuille de jeunes pousses et pour l’entrepreneur la possibilité d’évaluer sa capacité à collaborer avec ce capital risque et ainsi se laisser le temps de décider d’une implication plus grande de l’investisseur.

Bien évidemment, cette formule ne fonctionne pas dans tous les secteurs d’activités mais elle est particulièrement bien adaptée au secteur de l’Internet. Elle présente également un autre avantage pour la société de capital risque. De part leurs faibles investissements, le fonds de ce capital risque est peu élevé et le nombre d’employés reste modeste. Il n’y a ainsi que 5 personnes qui gèrent un portefeuille de 22 entreprises. Afin de donner la meilleure expertise à leurs clients, les concepteurs mettent à profit leurs technologies dans leur intérêt personnel. Ainsi Union Square Venture n’hésite pas à utiliser des solutions de web marketing ou encore de développement de réseaux sociaux proposés par leurs clients dans leur propre intérêt. Cela nécessite de détecter des synergies avec ses propres clients.

En 4 ans d’existence, Union Square Venture a acquis une bonne notoriété. Un de ses fondateurs, Fred Wilson a ainsi été élu le capital-risqueur préféré des entrepreneurs en 2007 par thefunded.com, site de réseau social spécialisé. Mais ses plus beaux succès ont été le rachat de trois des sociétés de son portefeuille par des géants de l’informatique :
- Del.icio.us racheté par Yahoo en 2005 pour 30 millions de dollars ce qui au passage a rapporté 7 fois la somme investie par le Union Square Venture en 9 mois.
- FeedBurner racheté par Google pour 100 millions de dollars
- Tacoda racheté par AOL pour 275 millions de dollars

Cet exemple illustre la soumission des capitaux-risqueurs aux mêmes règles de la concurrence et du marché que tous les autres secteurs d’activité qu’ils financent. Savoir se différentier et se positionner pertinemment sont des atouts qui ont payé. Les créateurs de cette société sont tous issus du capital risque classique (Flatiron Partners pendant la bulle internet, AT&T Ventures). Ils ont intégré dans leurs plans de développement les besoins du marché de voir émerger un nouveau type de capitaux-risqueurs. Une stratégie qui paye…

Source :

"A New Kind of Venture Capitalist Makes Small Bets on Young Firms", Claire Cain Miller, New York Times, 21/09/08 - http://www.nytimes.com/2008/09/22/technology/22venture.html?_r=1&adxnnl=1&oref=slogin&partner=rssnyt&emc=rss&adxnnlx=1222110835-estNIpMAVhD5kdueJyV5dQ

Pour en savoir plus, contacts :

http://www.unionsquareventures.com/about.html
Code brève
ADIT : 56235

Rédacteur :

Aline Charpentier, deputy-inno.mst@consulfrance-boston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….