Points chauds pour le mercure

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Tandis que les autorités de régulation prônent l’instauration de marché de permis échangeables pour combattre la pollution au mercure (principalement issu des centrales thermiques au charbon), une étude américano-canadienne met en évidence l’existence de "points chauds" dans la région Nord-Est et suggère que des outils de réduction globale de la pollution au mercure seraient partiellement inadaptés à son hétérogénéité.
Le Dr David Evers, du BioDiversity Research Institute de Gorham (Maine) et ses collègues se sont appuyés sur une base de 7 311 observations portant sur 7 espèces animales vivant dans le nord-est de l’Amérique du Nord. Ils ont constitué deux couches de données primaires permettant de caractériser les risques pour la santé humaine ("hotspots" ou "points chauds") et six autres couches pour les risques écologiques. Les deux espèces prises en compte dans la caractérisation des hotspots sont la perche canadienne ("perchaude", Perca flavescens) et le black-bass à grande bouche (Micropterus salmoides).
Cinq "hotspots" (1 au Canada, 3 en Nouvelle-Angleterre, 1 dans l’Etat de New York), représentant plus de 20.000 kilomètres carrés ont été identifiés, ainsi que neuf sites à risques écologiques. Deux facteurs locaux concourent à l’accumulation du mercure et à la formation des composés méthyles : la sensibilité du paysage (présence de forêts et d’hydrosystèmes de faible profondeur) et l’artificialisation du cycle de l’eau (notamment les fluctuations du niveau des retenues favorisant la méthylation). Ces paramètres locaux doivent être pris en compte dans une stratégie régionale qui s’appuierait sur un marché de permis d’émissions.
La pollution au mercure est un sujet majeur de santé publique en Amérique du Nord : l’ensemble des provinces orientales du Canada et 44 des 50 Etats des Etats-Unis sont concernés par des recommandations concernant la consommation des poissons. Un plan de réduction des émissions de composés toxiques, dont le mercure, par les centrales thermiques a été lancé par le gouvernement fédéral américain en 2003 (Clean Skies Initiative), mais de nombreuses organisations écologiques le considèrent comme une régression par rapport au Clean Air Act.

Source :


- http://www.washtimes.com/upi/20070103-043704-5623r.htm
- David C. Evers et al., Biological Mercury Hotspots in the Northeastern United States and Southeastern Canada, BioScience, Vol. 57 No.1, 29-43.
- http://www.aibs.org/bioscience-press-releases/resources/1-07.pdf (texte intégral).

Pour en savoir plus, contacts :


- Clear Skies Initiative : http://www.epa.gov/air/clearskies/fact2003.html
- Une critique par le Sierra Club : http://www.sierraclub.org/cleanair/clear_skies.asp
Code brève
ADIT : 40716

Rédacteur :

Philippe Jamet, AST, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….