Première Fête de la Science franco-américaine à Chicago

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Soutenue par l’Institut français dans le cadre de son appel à projets pour la promotion de la culture scientifique et technique, la première opération de Fête de la Science franco-américaine a été organisée par le service scientifique du Consulat de France à Chicago le 13 et 14 octobre 2011.

L’évènement s’est déroulé sur deux jours : une animation d’activités scientifiques à l’Alliance française de Milwaukee le 13 octobre 2011, suivie d’un temps fort à Chicago, le 14 octobre sur le site de la Feinberg School of Medecine de l’université de Northwestern situé au cœur de la ville.

Le projet visait un double objectif :

- créer avec la participation des partenaires à Chicago, un évènement dans l’esprit de la fête de la science, accessible à tous, avec un format et des contenus variés ;

- susciter un échange d’expériences et de bonnes pratiques en matière de médiation scientifique, en vue d’établir un dialogue et de développer un cadre de partenariat pour des actions conjointes.

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Ateliers expérimentaux

En pratique, la manifestation à Chicago a été divisée en deux séquences : une première partie dédiée au public et principalement aux scolaires avec des ateliers, des manipulations et des expositions, et une seconde partie destinée aux acteurs de la médiation scientifique (professionnels, scientifiques et enseignants) autour d’une conférence plénière suivie d’un panel de discussions en vue de susciter le dialogue.

Fertilisation croisée

Les ateliers expérimentaux proposaient une double approche : des expérimentations et démonstrations directement issues de laboratoires de recherche et une démarche plus ludique utilisant des objets du quotidien proposée par l’association Les Petits Débrouillards, qui ont eu un vif succès auprès des plus jeunes. La fertilisation croisée souhaitée pour cette première édition a été rendue possible au cours d’activités interactives telles que l’organisation d’un duplex avec un village des sciences de Rennes pour le jeune public et une visite virtuelle en direct de la salle de contrôle de l’Organisation européenne pour la Recherche nucléaire (CERN) pour les plus grands.

La diversité des partenaires mobilisés de part et d’autre de l’Atlantique – Northwestern University / École normale supérieure (ENS) Ulm, CEA/CERN et Fermilab, université de Chicago, Field Museum et université Paris VI, université de Poitiers/Centre national de la Recherche scientifique (CNRS) et Illinois Institute of Technology a été une clé de réussite de cet évènement où plusieurs disciplines étaient représentées : chimie appliquée à l’environnement, nanotechnologies et énergies, biologie et écologie, sciences de l’univers et météorites

Au total , ce ne sont pas moins de deux cent cinquante élèves de lycées américains et du lycée français qui se sont déplacés sur une longue matinée, pour découvrir les animations proposées par une quarantaine d’animateurs, ingénieurs, doctorants et chercheurs.

Echanges fructueux

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Ateliers expérimentaux

La manifestation s’est remarquablement déroulée dans une atmosphère de grande convivialité : les élèves ont pu manipuler, tester, dialoguer avec de jeunes chercheurs, emporter avec eux des idées d’expérimentations. Des avis recueillis - un questionnaire transmis aux enseignants, élèves et animateurs est en cours d’exploitation - l’échange à été très fructueux.

S’agissant de la session de débat entre professionnels de la médiation scientifique, la conférence introductive a été donnée par Pierre Lena (Académie des sciences), qui après avoir rendu un hommage appuyé à Georges Charpack, a développé les objectifs et les retombées du programme « La Main à la pâte », véritable référence en la matière avec quinze ans d’existence.

Le panel de discussion, conduit par le Dr. Gerald Niccolai (ENS Lyon/CNRS,
laboratoire ICAR) a permis d’introduire le débat avec les responsables de plusieurs institutions de renom de la place de Chicago - Fermilab, Argonne National Laboratory, Northwestern University - sur la base des expériences développées, et des études d’impacts réalisées. La participation d’un représentant de la National Science Foundation a donné un éclairage utile sur les financements mobilisables pour des appels à projets « internationaux » et les critères de sélection.

La conférence a rassemblé près de soixante participants, pour la plupart des responsables des services de « science outreach » ou « diffusion scientifique » des laboratoires universitaires et centres de recherche, des départements d’éducation également, et des jeunes doctorants et post-doctorants désireux de s’impliquer dans de telles initiatives.

L’appropriation des savoirs en question

Si les présentations ont soulevé des aspects relatifs à la pédagogie de la diffusion de la science, avec notamment l’importance du questionnement dans le raisonnement scientifique et la démarche expérimentale, « Science is made of questions, not of answers », les échanges lors de la discussion relevaient des questions relatives à l’appropriation des savoirs par les citoyens et plus précisément par les enseignants ; à savoir comment :
- offrir des outils de compréhension des phénomènes scientifiques fondamentaux et des enjeux actuels de la recherche scientifique ;
- faciliter les partenariats avec les acteurs du monde scientifique et technologique (laboratoires, organismes de recherche, entreprises, musées, associations…).

Le constat d’une multitude d’actions organisées à Chicago, mais trop souvent d’une manière dispersée, a mis en exergue les conséquences d’un déficit de pilotage à un niveau plus centralisé. Les parties présentes ont convenu de l’intérêt du développement de projets collectifs, transversaux et pluridisciplinaires. C’est à ce niveau qu’une dynamique bilatérale pourrait s’avérer être un vecteur de cohérence et de visibilité nouvelles.

L’un des enjeux est de rendre plus accessible la « culture scientifique » en vue de renforcer l’égalité des chances. En effet, un certain nombre de facteurs freinent la Recherche et le Développement (R&D) aux États-Unis, parmi lesquels la faiblesse de la formation académique et théorique des étudiants en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM education) et la désaffection, tout comme en France, des jeunes et particulièrement des minorités pour les carrières scientifiques. Les enquêtes nationales et internationales font apparaître un déclin significatif des compétences des jeunes Américains. C’est le sens de l’intérêt marqué de nos partenaires américains pour les programmes pérennes et de qualité développés en France.

Voir aussi :
- l’article sur LatitudeFrance.org.
- L’annonce et le programme de la fête de la science à Chicago.