Prix Nobel 2006 : le monopôle des acides nucléiques

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Le Prix Nobel de Médecine a été remis à deux chercheurs américains pour leur travaux sur l’interférence ARN. Ce prix d’une valeur de 1,4 million de dollars récompense les travaux de Craig Mello de l’University of Massachusetts Medical School et Andrew Fire de Stanford University en Californie.
Pour les spécialistes du domaine, la reconnaissance de cette technique arrive quelques années plus tôt que prévu et d’autres scientifiques ayant contribué à caractériser cette technique auraient pu prétendre à ce prix. Mais la communauté scientifique admet cependant que ces deux chercheurs méritent amplement leur récompense.
L’étape essentielle du travail de Fire et Mello a été réalisée en 1998 avec l’injection, chez Caenorhabditis elegans, d’ARN double brin de gènes spécifiques. Les résultats publiés dans Nature montraient l’inhibition de l’expression de ces gènes. La première pierre d’une technique était alors posée pour la caractérisation du rôle naturel de cette voie dans les cellules de mammifères et les conditions pour l’utiliser dans l’inhibition artificielle. Aujourd’hui, il est admis que plus d’un quart du génome humain est contrôlée par cette voie.
Désormais, des dizaines d’entreprises tentent d’appliquer la technique d’interférence à ARN en clinique. Des tests sont notamment entrepris pour inhiber la réplication virale dans le cas d’hépatites. De plus, les laboratoires du monde entier utilisent cette technique en routine pour éteindre des gènes sur des systèmes cellulaires ou des modèles animaux afin d’effectuer leur recherche fondamentale.
Quant au Prix Nobel de chimie, il a été attribué à Roger Kornberg, professeur de biologie structurale de Stanford University, pour ses recherches sur la transcription de l’ADN en ARN. L’avancée majeure des travaux de Kornberg date de 2001 lorsqu’il a résolu la structure de l’ARN polymérase II chez la levure. C’est un exemple de recherche interdisciplinaire aux frontières de la biochimie, de biologie structurale et de la génétique moléculaire.
Kornberg a eu le goût de la recherche très jeune puisqu’à douze ans il manifestait déjà son intérêt pour passer une semaine dans un laboratoire.
Pour certains scientifiques, Kornberg aurait pu également remporté le prix Nobel de Médecine comme son père, Arthur Kornberg, qui s’est vu remettre le prix Nobel de Médecine en 1959 pour ses travaux sur les mécanismes responsables de la synthèse de l’ADN et l’ARN.
Le "pedigree" académique de Kornberg est d’ailleurs entouré de nombreuses connections relatives au prix Nobel puisqu’il a publié à 19 ans, son premier article avec son père et Paul Berg, lauréat en 1980 du prix Nobel de Chimie. Il a effectué son stage post-doctoral chez deux lauréats de prix Nobel, Aaron Klug et Francis Crick. Dans ce laboratoire de Cambridge, Massachusetts, il a étudié la chromatine, protéine utilisée pour le repliement de l’ADN dans la cellule.

Source :


- Sources Nobel de Médecine :
http://www.nature.com/news/2006/061002/full/061002-2.html
http://sciencenow.sciencemag.org/cgi/content/full/2006/1002/1
http://www.abc.net.au/news/newsitems/200610/s1753900.htm
- Sources Nobel de Chimie :
http://www.nature.com/news/2006/061002/full/061002-7.html
http://sciencenow.sciencemag.org/breaking_news/index.dtl
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/10/04/AR2006100400280.html
http://www.iht.com/articles/ap/2006/10/04/europe/EU_GEN_Sweden_Nobel_Chemistry.php

Pour en savoir plus, contacts :

http://www.dnaindia.com/report.asp?NewsID=1056277
Code brève
ADIT : 39446

Rédacteur :

Brice Obadia deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org - - Hedi Haddada attache-sdv.mst@ambafrance-us.org - - Sophia Gray sophia.gray@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….