Prix Nobel 2016 : l’autophagie, domaine d’excellence aux Etats-Unis et en France

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Le prix Nobel 2016 de Physiologie ou Médecine vient d’être attribué au japonais Yoshinori Ohsumi pour sa découverte des gènes ATG qui contrôlent l’autophagie, un mécanisme qui régule le recyclage des composants cellulaires et dont l’altération est maintenant connue pour être impliquée dans de nombreuses pathologies comme le cancer et certaines maladies neurodégénératives et métaboliques.

Aux Etats-Unis aussi, l’autophagie est un sujet d’excellence développé par des instituts de pointe. Plusieurs centres sont particulièrement impliqués : Albert Einstein College of Medicine à New York, la Washington University, l’Université du Michigan, l’Université du Nouveau-Mexique, l’UC San Diego, UC San Francisco… Au sein de l’UT Southwestern Medical Center de Dallas, le Pr. Beth Levine a notamment créé un institut interdisciplinaire qui y est entièrement dédié : le Center for Autophagy Research. Par ailleurs, un des journaux phares du domaine, Autophagy, a pour éditeur en chef, le californien Daniel J Klionsky, professeur à l’University of Michigan.

L’autophagie est une thématique de recherche particulièrement internationale. Elle a rassemblé à plusieurs reprises de nombreux spécialistes puisqu’elle a été le sujet de plusieurs Gordon Research Conferences. La position de Chair de l’édition 2016 était d’ailleurs tenue par le français Patrice Codogno, directeur de recherche Inserm à l’Institut Necker Enfants Malades, Paris.

L’autophagie étant aussi en France un domaine d’excellence, il existe de nombreuses collaborations entre chercheurs français et américains, qui ont abouti à des publications de très haut niveau. A titre d’exemple, le laboratoire du Dr. Codogno en partenariat avec celui du Dr. Beth Levine (J Clin Invest 2015) et du Dr. Ana Maria Cuervo du Albert Einstein College of Medecine à New York, (Nature 2013) ; l’équipe du Dr. Guido Kroemer (Centre de recherche des Corderliers, Paris) avec Beth Levine (Cancer Cell 2016), Sylviane Muller de l’Institute of Molecular and Cellular Biology à Strasbourg avec Ana Maria Cuervo (Autophagy 2015).

Ces liens amènent à de fréquents séjours de post-doctorants français aux Etats-Unis, avec de nombreuses histoires de retours réussis dans le milieu académique français. La plate-forme d’annonces du dynamique club francophone de l’autophagie, le CFATG, est à cet égard un bon outil pour l’attractivité des laboratoires français.


Rédacteurs :
- Patrice Codogno, directeur de recherche Inserm à l’Institut Necker Enfants Malades, Paris
- Jean Rosenbaum, attaché pour la Science et la Technologie, attache-sdv.la@ambascience-usa.org, Los Angeles
- Gabrielle Mérite, attachée adjointe pour la Science et la Technologie, deputy-sdv.la@ambascience-usa.org, Los Angeles