Rapport d’activité 2016

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Le Service pour la Science et la Technologie (SST) est un service de l’Ambassade de France aux États-Unis, qui regroupe 8 attachés scientifiques, ayant tous une solide expérience de la recherche et de l’innovation et ayant exercé des responsabilités à différents niveaux dans les universités ou dans les organismes de recherche en France, secondés par une dizaine de jeunes scientifiques recrutés comme "volontaires internationaux", et par des personnels administratifs, soit un total de 24 personnes, placées sous la responsabilité de la Conseillère pour la Science et la Technologie, qui rend compte directement à l’Ambassadeur. Des représentants du CNRS, de l’Inserm et du CNES sont associés à ce réseau avec lequel ils travaillent en étroite collaboration, formant avec le SST une Mission pour la Science et la Technologie.

Par ses différentes implantations géographiques (Washington, Atlanta, Boston, Chicago, Houston, Los Angeles et San Francisco), le large spectre des thématiques abordés, et les différents programmes qu’elle met en œuvre, cette équipe est au service des acteurs français de la science et la technologie : organismes de recherche, universités et grandes écoles, centres de transfert de technologie, entreprises, communauté scientifique expatriée,…

L’objectif opérationnel de la SST est de promouvoir l’excellence de la recherche et de la technologie française aux États-Unis, et d’inscrire la coopération scientifique franco-américaine dans les priorités nationales en termes de Diplomatie d’influence, de Diplomatie scientifique et de Diplomatie économique.

Diplomatie d’influence

Les priorités de notre action en termes de diplomatie d’influence sont liées aux défis globaux impliquant des aspects scientifiques ou technologiques : santé, bien-être, vieillissement, changements environnementaux, transition énergétique, sécurité, genre… Les champs liés à la défense et à la politique spatiale sont en partie couverts par le représentant du CNES, et les questions de politique nucléaire et énergétique par le représentant du CEA, avec lesquels nous maintenons des liens étroits.

Parmi les grands enjeux globaux, la lutte contre le changement climatique comporte une dimension scientifique et technologique essentielle, et le rôle des États-Unis est majeur dans les engagements qui doivent être pris et mis en œuvre. L’opération FACTS (« French-American Climate TalkS ») a été mise en place conjointement par les Services scientifiques aux États-Unis et au Canada afin de mobiliser les opinions publiques américaine et canadienne sur les enjeux climatiques à travers près d’une vingtaine d’évènements, dans la perspective de la conférence internationale des Nations Unies sur le changement climatique qui a été accueillie par la France en décembre 2015 (COP21). Depuis, le SST a prolongé cette action en se centrant sur les Océans et leurs interactions avec le Climat, créant plusieurs évènements scientifiques en 2016 (« French-American Climate Talks on Ocean » FACT-O), en partenariat avec la Plateforme Climat Océan qui regroupe un ensemble de partenaires français et américains du monde scientifique, de l’entreprise et de la société civile.

Diplomatie scientifique

La science, la technologie et l’innovation sont des domaines considérés comme hautement stratégique par les États-Unis, du moins lors de l’administration Obama, et la diplomatie scientifique ou encore la Science diplomacy est un concept mis en œuvre de façon opérationnelle par l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) [1] , qui organise depuis 2 ans une réunion annuelle sur ce thème et publie la Revue Science Diplomacy. Ces approches ont été une des sources d’inspiration du document « Une diplomatie scientifique pour la France » produit par la Direction générale de la Mondialisation du Ministère en 2013 et qui sous-tend nos actions.

Si notre action s’appuie sur l’expertise scientifique et technologique française que nous souhaitons valoriser, elle doit être envisagée à l’aune de la valeur ajoutée que nous pouvons apporter : en effet, les chercheurs français collaborent naturellement et directement avec des partenaires américains, le plus souvent sans l’aide d’intermédiaire. Notre intervention doit donc permettre de catalyser ces initiatives qui sans cela resteraient fragmentées ou n’atteindraient pas la masse critique. Afin d’identifier et de structurer les partenariats, nous jouons sur différents registres : programmes d’aide à la coopération scientifique et à la mobilité, accompagnement de startups innovantes, animation de la communauté scientifique française aux États-Unis, organisation d’évènements scientifiques, participation à des forums et présentation des qualités du système français d’enseignement supérieur, travail de veille, d’accompagnement de délégations etc.

Les relations politiques entre la France et les États-Unis étaient particulièrement favorables sous l’administration Obama, il n’en demeure pas moins que les États-Unis n’envisagent pas la France comme un partenaire majeur en science et technologie, et un effort particulier doit être fait pour valoriser notre pays comme un partenaire de premier plan dans ces domaines

Nous pouvons aussi jouer un rôle en présentant la France comme une porte d’entrée de l’Europe et ainsi contribuer à renforcer les coopérations transatlantiques dans le cadre du programme Horizon 2020 de la Commission européenne.

Diplomatie économique

L’ambassade est au service des entreprises françaises et le SST, par sa connaissance des systèmes d’innovation américains qui sont très fortement intégrés aux milieux de recherche universitaire, joue un rôle reconnu dans la facilitation des échanges franco-américains dans le domaine de l’innovation.

Le SST a ainsi développé des outils originaux tels que NETVA (New Technology Venture Accelerator), YEi Start in France (Young Entrepreneur Initiative), FAID (French American Innovation Day) etc. qui sont à l’interface de la recherche et de l’innovation et sont appréciés par les jeunes entreprises et les laboratoires bénéficiaires. Nous faisons régulièrement évoluer ces programmes afin de les adapter au mieux aux besoins des chercheurs et des jeunes entreprises, des constants changements des écosystèmes français et américains, et des ressources - humaines et financières- dont nous disposons.

Synergies entre le SST et les autres Services de l’Ambassade

Les membres du réseau scientifique sont des scientifiques et ingénieurs qui exercent avant tout un métier de diplomate. Cette mission s’articule pleinement avec celle des autres services de l’ambassade afin de démultiplier les sources d’information, de financement et de partenariats. Les liens se sont particulièrement renforcés avec les représentants des Organismes de recherche français présents à l’Ambassade, le service culturel, le service économique, le service de presse et les consulats.

Synergies avec les Organismes de recherche français présents aux États-Unis

Le SST bénéficie de la présence dans les locaux de l’Ambassade des représentants de grands organismes de recherche français que sont le CNRS, l’Inserm, le CNES et le CEA. D’autres Organismes comme l’Inria, ou Sciences Po ont des représentants au sein d’Universités (Berkeley pour l’Inria, Columbia pour Sciences Po). Les représentants de ces organismes présents à l’Ambassade participent régulièrement aux réunions du SST, en particulier à ses réunions annuelles. Des présentations de la recherche française sont faites conjointement lors de forum à destination de jeunes chercheurs désireux de connaître les opportunités de postes en France ou en Europe (Destination Europe, MIT European Career Fair) et le SST s’associe régulièrement au CNRS et à l’Inserm pour des évènements scientifiques organisés avec leurs chercheurs.

Synergies avec le Service Culturel et universitaire

Le Service scientifique et le Service culturel, dans sa composante universitaire, partagent un terrain d’action et des réseaux d’acteurs universitaires qui se recouvrent dans de nombreux cas, car il est difficile d’isoler les missions de recherche de celles de l’enseignement supérieur au sein des grandes universités aux États-Unis. Les deux services ont renforcé leurs échanges en faisant jouer les complémentarités, le SST assurant principalement le suivi des collaborations en sciences dures (STEM – science, technology, engineering, math – pour les américains) et les contacts au niveau doctorant, post-doctorant, chercheurs. Nous montons des opérations en partenariat afin d’accroître la mobilité transatlantique des étudiants et jeunes chercheurs grâce au programme de bourses Chateaubriand et à la Transatlantic Friendship and Mobility Initiative, la participation à des programmes de soutien à des collaborations de recherche (Fonds bilatéraux avec Berkeley ou Stanford), voire la création conjointe de nouveaux programmes (Thomas Jefferson Fund).

Synergies avec le Service Économique

Les actions pilotées par le SST en matière d’innovation, de transfert de technologie, d’accompagnement des jeunes entreprises innovantes, se développent sur un segment spécifique, à l’interface de la recherche et de l’innovation, de façon complémentaire des approches conduites par le Service économique régional, Business France et les French Tech Hubs. Afin de maintenir un partage d’information, et de bénéficier des expertises de chacun, le SST sollicite systématiquement le concours du SER, de Business France et du French Tech Hub dans les programmes NETVA et YEi Start in France portés par le SST. Un engagement plus formalisé est en projet avec Business France dans le cas du programme NETVA.

Par nos actions, nous souhaitons contribuer activement à la mise en place de partenariats structurants en matière de coopération scientifique, accroître significativement la mobilité transatlantique d’étudiants et de chercheurs, venir en appui à l’innovation notamment en direction de jeunes entreprises issues de la recherche, développer les actions multilatérales en lien avec la Délégation européenne aux États-Unis et la Commission européenne. Les efforts engagés par le Service scientifique en termes d’organisation interne, de reformatage et de communications sur les programmes et d’ouverture de partenariats avec les autres services de l’Ambassade, ont permis de donner une grande visibilité à nos actions, tant vis-à-vis des partenaires universitaires et institutionnels français qu’auprès des partenaires américains.

Sommaire

- Préambule - p3
- Le Réseau scientifique aux États-Unis - p6
- Organigramme du Service pour la Science et la Technologie - p7
- Organismes de recherche - p8
- Washington : Bureau de la Conseillère - p9
- Atlanta : Cooperation Scientifique et Universitaire - p19
- Boston : Innovation et transfert de technologie - p25
- Chicago : Recherche agronomique, science des aliments et technologies vertes - p31
- Houston : Physique et nanosciences - p37
- Los Angeles : Sciences de la vie - p43
- San Francisco : Intelligence artificielle et robotique - p49
- Washington : Environnement et developpement durable - p55
- Washington : NTICS – Nouvelles Technologies de l’Information, de la Communication et de la Sécurité - p61
- Washington : Bureau Inserm-USA - p67
- Washington : Bureau du CNES - p71
- Washington : Bureau CNRS Amérique du Nord - p79

Rapport d’activité 2016 - Mission pour la Science et la Technologie

Notes

[1Diplomatie scientifique : « Utilisation et application de la coopération scientifique pour aider à établir des liens et renforcer les relations entre les sociétés, notamment dans les domaines où il pourrait ne pas y avoir d’autre moyen d’approche au niveau officiel » selon Vaughan C. Turekian, alors directeur de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS)