Reconsidérer les forêts au cœur des politiques de développement

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Le mardi 15 octobre se tenait dans les locaux de la Banque Mondiale à Washington, DC un séminaire sur la thématique Forêts & Climat. L’initiative était motivée par la volonté de réintégrer les forêts au centre des politiques de développement et de leurs considérations économiques et environnementales. En effet, au-delà d’une couverture médiatique notamment due à leurs incendies dévastateurs, les forêts souffrent d’une minorisation de l’importance de leur rôle dans le cadre d’un développement économique à la fois compatible avec les enjeux environnementaux nécessaires à notre survie mais aussi essentiel à l’établissement d’une société plus juste.

Pourtant, un grand potentiel réside dans l’exploitation raisonnée du couvert forestier, notamment en lien avec l’apport de solutions de découplage développement économique / impact environnemental.

La majorité de la déforestation dans le monde est engendrée par des pays par-delà leurs frontières. Ces pays soutiennent en général des projets miniers ou agricoles motivés par des objectifs de rentabilité économique sans considération environnementale. La déforestation entraîne une réduction des capacités globales de captation du carbone, une modification profonde du climat local (notamment une grande divergence de l’hygrométrie pouvant entraîner sécheresses ou inondations) et un effondrement de la biodiversité.

Ainsi, les projets miniers ou agricoles ayant généré cette déforestation, malgré une rentabilité à court terme positive et la création d’une dynamique économique favorable, se voient de plus en plus couramment questionnés sur leur rentabilité économique à long terme. Le rapport du BIC (Bank Information Center) rappelle que même si le nombre de projets à impact environnemental négatif diminue, les projets dont les études d’impacts sont favorables reçoivent des prêts en moyenne inférieurs. Bien sûr, beaucoup de questions restent en suspens, notamment sur la méthodologie employée pour ces études d’impacts des projets forestiers (comment sont intégrées les questions de biodiversité, de climat…).

Nous entendons finalement l’expression d’un vrai besoin d’outils de mesures fiables et performants, afin de valoriser les projets à impacts positifs et de capitaliser sur l’historique de l’ensemble des projets passés afin d’estimer plus finement la viabilité économique et environnementale des projets futurs.
C’est pourquoi, du développement de la Forest Finance (Clean Development Mechanism), de l’émergence de Forest Management Programs jusqu’à l’implémentation croissante des outils de Forest Monitoring, les agences internationales voient leur bras sylvestre croître année après année.