Rencontre avec Xavier Morise, directeur du bureau du CNRS à Washington, DC

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En marge de la réunion à Paris des 10 bureaux du CNRS à l’étranger début février, CNRS Hebdo a rencontré Xavier Morise, le directeur du bureau de Washington. L’occasion d’évoquer son parcours, les missions du bureau, les recherches du CNRS dans la zone Amérique du Nord ainsi que la manière dont il appréhende la coopération scientifique internationale.

CNRS Hebdo : Comment êtes-vous devenu directeur du bureau du CNRS à Washington ?

Xavier Morise : Après avoir été chercheur pendant 10 ans dans un laboratoire CNRS de Strasbourg, j’ai souhaité m’investir dans l’internationalisation de la recherche et l’émergence de coopérations scientifiques… En 2003, détaché auprès du ministère des affaires étrangères, j’ai occupé le poste d’attaché scientifique à Oslo, puis à Prague. Une expérience et des compétences acquises que je mets à profit actuellement dans mes fonctions de directeur du Bureau de Washington, poste que j’occupe depuis mon retour au CNRS en 2012. Spécialiste en catalyse, je suis devenu moi-même un « catalyseur » puisque j’aide les chercheurs et les institutions à se rapprocher, à coopérer… et finalement à (ré) agir ensemble !

CNRS Hebdo : Quelle zone le bureau de Washington couvre-t-il et quelles sont les actions marquantes menées par le CNRS ?

X. M. : Nous couvrons l’ensemble de l’Amérique du Nord, c’est-à-dire les Etats-Unis, le Canada ainsi que le Mexique. Vaste zone sur laquelle CNRS est le principal acteur français de la coopération scientifique. Notre dispositif repose, entre autres, sur onze Unités mixtes internationales (UMI) et une UMIFRE au Mexique (1), ainsi que sur une vingtaine de Laboratoires Internationaux associés (LIA). Le nombre de missions de chercheurs du CNRS dans la zone, qui s’élevait à plus de 8 000 en 2012 (pour environ 19 000 missions hors Europe) (2), traduit l’intensité de la relation entre notre organisme et l’Amérique du Nord. Ces coopérations embrassent la quasi-totalité des thématiques couvertes par les dix instituts du CNRS. Les UMI et LIA, pour leur part, s’inscrivent principalement en mathématiques, chimie, sciences biologiques notamment biomédicales, physique (nanosciences, matériaux, particules, lasers, etc.), automatique, robotique, informatique, sciences humaines et sociales, environnement, écologie et recherche en milieu polaire.

CNRS Hebdo : Ce n’est pas anodin, le bureau du CNRS est situé au sein de l’ambassade de France aux États-Unis. Quel est son rôle exactement ?

X. M. : Tête de pont du CNRS en Amérique du Nord, le bureau joue un rôle important dans la promotion de l’expertise du CNRS et dans le déploiement de sa politique internationale. Nous contribuons, entre autres, au rapprochement des acteurs, à l’émergence de partenariats, et au suivi des coopérations structurées. Nous interagissons avec l’ensemble des parties prenantes en Amérique du Nord, auprès desquelles nous assurons une fonction de médiation et de représentation. Nous effectuons aussi un important travail de veille scientifique et technologique. Au quotidien, cela représente beaucoup de déplacements, réunions, visites, échanges… en vue de développer des partenariats durables et fructueux pour l’organisme.

Notre positionnement au sein de l’Ambassade, nous permet de travailler de concert avec le service scientifique sur l’ensemble du territoire américain, ainsi qu’avec les autres organismes français représentés (Inserm, CNES, CEA). Nous œuvrons d’une manière similaire avec les services scientifiques des Ambassades de France au Canada et au Mexique. Par ailleurs, nous avons aussi développé d’étroites relations avec la Délégation européenne et le réseau des conseillers scientifiques en poste à Washington, en particulier dans le cadre de la promotion de l’Espace européen de la recherche et des dialogues transatlantiques.

CNRS Hebdo : Comment procédez-vous pour favoriser de nouvelles coopérations scientifiques ?

X. M. : Au-delà de la promotion de nos savoirs et de nos compétences, nous nous mettons à l’écoute de partenaires potentiels et sommes curieux de leur expertise. C’est pourquoi, si nous sommes en relation avec les laboratoires avec lesquels il y a déjà des coopérations, nous portons un intérêt particulier à ceux avec lesquels nous ne travaillons pas… Les rencontres à haut niveau permettent également de semer les graines de collaborations futures, comme ce fut le cas cet automne lorsque le Président Alain Fuchs est venu à San Diego et à Tucson. De même, lors du déplacement au Mexique du directeur général délégué à la science, Joël Bertrand, nous avons repéré des pôles d’excellence autour de Mexico où nombre de laboratoires sont demandeurs de nouvelles coopérations…

CNRS Hebdo : Quelle est l’image du CNRS dans la zone Amérique du Nord ?

X. M. : Le CNRS bénéficie d’une image empreinte de sérieux et de recherche de qualité, image accentuée par l’existence du bureau, qui souligne également le haut niveau d’engagement de l’organisme dans la zone. Le dispositif des UMI suscite beaucoup d’intérêt et contribue à faire du CNRS un acteur majeur de la coopération avec l’Amérique du Nord. A cet égard,l’ouverture en 2012 de l’UMI MSE (3) au Massachusetts Institute of Technology (MIT) a eu un fort impact en termes d’image.

CNRS Hebdo : Dernière question, en France on organise beaucoup d’actions pour améliorer les relations science/société. Avez-vous des projets dans ce sens ?

X. M. : Les services scientifiques des ambassades de France aux USA et au Canada mettent actuellement un place un programme ambitieux de conférences et débats avec le grand public sur les questions climatiques, avec la participation de scientifiques et personnalités publiques françaises. Nous sommes très intéressés par ce genre de projets, auxquels nous nous efforçons de contribuer.

Propos recueillis par Claire Debôves
Source : http://intranet.cnrs.fr/intranet/actus/14014-morise.html


(1) Il s’agit du Centre d’Etudes Mexicaines et Centraméricaines (CEMCA).
(2) En 2012, le nombre total de missions de chercheurs du CNRS à l’étranger était de 57 246.
(3) Multi-Scale Materials Science for Energy and Environment.

Quelques chiffres sur le CNRS en Amérique du Nord

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Données DERCI & DASTR

UMI : Unité mixte internationale
LIA : Laboratoire international associé
GDRI : Groupement de recherche international
PICS : Projet international de coopération scientifique
TGIR : Très grande infrastructure de recherche

Le bureau du CNRS à Washington se tient à la disposition des chercheurs en mission ou intéressés par des recherches nord-américaines. Il diffuse deux newsletters AdN (actualités) et Fil de Marianne (carrières). Contacter le bureau de Washington