Retour sur Pfiesteria, algue tueuse de mémoire

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Une équipe de recherche de la faculté de médecine de l’Université du maryland vient de publier une étude clinique qui montre qu’une exposition chronique à la Pfiesteria ne représente pas de risques majeurs pour la santé.
Pfiesteria piscicida est une algue de la famille des dinoflagellés vivant dans les environnements estuariens. Elle est particulièrement présente sur le pourtour de la baie de la Chesapeake où elle était fortement soupçonnée d’avoir provoqué des désordres sanitaires. En 1997, un groupe de 24 professionnels de la pêche avait présenté de profonds déficits neuropsychologiques réversibles (apprentissage, mémoire). A l’époque, cet incident, coïncidant avec des mortalités anormales de poissons, avait été mis en relation avec la présence de l’algue Pfiesteria qui, depuis lors, était particulièrement redoutée des marins d’eaux saumâtres.
Le Dr. Morris et ses collègues ont suivi pendant 4 années une cohorte de 152 professionnels des rives de la Chesapeake dont les comportements psychomoteurs ont été mesurés. : motricité, concentration, mémoire, repères spatiaux, élocution, effort. Des échantillons d’eau prélevées par ces professionnels et par le Department of Natural Resources du Maryland, ont permis de caractériser l’occurrence de l’espèce Pfiesteria par PCR (Polymerase Chain Reaction). Une étude statistique a permis alors de montrer qu’il n’y avait pas de différences symptomatiques entre les professionnels exposés à l’algue et les professionnels non exposés.
L’étude estime toutefois plausible que des lignées particulièrement toxiques de Pfiesteria puissent engendrer des affections telle que celle rapportée en 1997. La méthode de PCR utilisée par l’équipe de UMD ne permet pas de faire de distinction entre les genres toxiques ou non toxiques de Pfiesteria et ses conclusions ne sont pour l’instant valides que pour une exposition dans un environnement stable. Des effets cliniques dans des situations exceptionnelles de bloom ne sont donc pas à écarter.
Quant aux ulcérations et mortalités observées sur l’ichtyofaune, notamment le menhaden de l’Atlantique (Brevoortia tyrannus), des données récentes tendent à les relier à un microchampignon invasif, Aphanomyces invadans. La réhabilitation de Pfiesteria est donc presque complète…

Source :

E-news : http://www.baltimoresun.com/news/health/bal-md.pfiesteria06jul06,0,1737506.story

Pour en savoir plus, contacts :


- J. Glenn Morris Jr., Lynn M. Grattan, Leslie A. Wilson, Walter A. Meyer, Robert McCarter, Holly A. Bowers, J. Richard Hebel, Diane L. Matuszak,1, and David W. Oldach, Occupational Exposure to Pfiesteria Species in Estuarine Waters Is Not a Risk Factor for Illness, Environmental Health Perspectives Volume 114, Number 7, July 2006 (texte intégral) http://www.ehponline.org/members/2006/8627/8627.pdf
- J. Glenn Morris Jr., Human health effects and Pfiesteria exposure : A synthesis of available clinical data, Environmental Health Perspectives Volume 109, Supplement 5, October 2001 (texte intégral) http://www.ehponline.org/members/2001/suppl-5/787-790morris/EHP109s5p787PDF.pdf
- Pfiesteria sur la côte Est : http://www.pfiesteria.seagrant.org/
- Les artisans pêcheurs de la baie de la Chesapeake : (études du département d’anthropologie de l’Université du maryland) http://www.bsos.umd.edu/anth/chesapeake/home.htm
- Lésions attribuées à Pfiesteria sur des menhadens :
http://www.whoi.edu/redtide/foodweb/pfiesteriafishsores.html
- Y. Kiryu et al., Factors influencing the sporulation and cyst formation of Aphanomyces invadans, etiological agent of ulcerative mycosis in Altlantic menhaden Brevoortia tyrannus, Mycologia, 97(3), pp. 569-575 (texte intégral) http://www.vims.edu/~jeff/biology/kiryu%20et%20al%202005.pdf
Code brève
ADIT : 34582

Rédacteur :

Philippe Jamet, AST, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….