Revue de Presse - Agronomie et Sciences de l’Alimentation - Janvier 2020

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En lumière ce mois-ci

Le système d’alimentation actuel peut nourrir 3,4 milliards d’individus de manière durable

Une étude internationale récente (*) du système global d’agriculture montre que le système d’agriculture global actuel ne peut nourrir que 3,4 milliards d’individus sans transgresser certaines limites clés de la planète. Ces limites, au nombre de 9, ont été déterminées par des scientifiques en 2009 et l’étude actuelle s’est intéressée aux 4 qui s’appliquent directement à l’agriculture : ne pas utiliser trop d’azote, ne pas prendre trop d’eau douce de lacs ou de rivières, limiter la déforestation et maintenir la biodiversité. L’étude a démontré qu’aujourd’hui la moitié de la production alimentaire viole ces limites. Cependant, en réorganisant ce qui est cultivé et où, ainsi qu’en changeant certaines habitudes alimentaires, le système d’agriculture actuel permettrait de nourrir 10 milliards de personnes de façon durable.

(*) Gerten, D., Heck, V., Jägermeyr, J. et al. Feeding ten billion people is possible within four terrestrial planetary boundaries. Nat Sustain (2020).

Agriculture

Une nouvelle étude corrèle l’exposition aux pesticides et les maladies cardiaques.

Dans une étude récente (*), des chercheurs de l’Université de l’Iowa qui ont suivi une cohorte de 2.116 adultes (âge moyen 43 ans) pendant 14 années, ont découvert que les personnes exposées aux pyréthroides (pesticides couramment utilisés dans la production alimentaire) étaient plus susceptibles de mourir de maladies cardiaques. Les pyréthroides, représentent environ 30% des insecticides couramment utilisés dans le monde aujourd’hui et c’est une des premières études abordant les effets de l’exposition à ces molécules sur le long terme.

(*) Bao W, Liu B, Simonsen DW, Lehmler H. Association Between Exposure to Pyrethroid Insecticides and Risk of All-Cause and Cause-Specific Mortality in the General US Adult Population. JAMA Intern Med. Published online December 30, 2019

La combinaison entre un climat plus chaud et les insectes herbivores sera un double problème pour les plantes

De nombreux scientifiques pensent que les modèles actuels sont incomplets et que nous pourrions sous-estimer l’impact des pertes sur les récoltes. Les modèles les plus récents indiquent qu’avec une augmentation de la température, les herbivores et autres ravageurs augmenteront les pertes dans les récoltes. Une étude a indiqué que la réduction de rendement liés aux insectes s’élèverait entre 10 et 25% pour chaque augmentation d’1°C. Un nouveau modèle par des chercheurs de Michigan State University (*), montre que des plants de tomates attaqués par des chenilles résistent moins bien à des températures plus élevées. L’étude montre que 2 facteurs sont en jeux : l’augmentation de la température augmente le métabolisme des chenilles et elles mangent plus mais également que les plantes attaquées réagissent également à l’augmentation de température, ce qui était généralement omis dans les modèles précédents.

(*) Nathan E. Havko, Michael R. Das, Alan M. McClain, George Kapali, Thomas D. Sharkey, Gregg A. Howe. Insect herbivory antagonizes leaf cooling responses to elevated temperature in tomato. Proceedings of the National Academy of Sciences, 2020;

Alimentation

Les ménages américains gaspillent presque 33% de la nourriture qu’ils achètent

D’après les résultats d’une étude par des chercheurs de Penn State University (*), les ménages américains gaspillent environ 1/3 de la nourriture qu’ils achètent. Ce gaspillage représente environ $240 milliards de dollars annuellement. Rapporté aux ménages américains cela représente un manque à gagner d’environ $1,866 par an par foyer.

(*) Yang Yu, Edward C. Jaenicke. Estimating Food Waste as Household Production Inefficiency. American Journal of Agricultural Economics, 2020;

Notre alimentation peut aider à définir la diversité de notre microbiote intestinal

La nourriture que nous mangeons affecte le microbiote intestinal. Des chercheurs de San Diego State University (*) ont découvert que l’alimentation affecte le microbiote en stimulant la production bactériophage – virus qui infectent et se multiplient dans les bactéries. Les molécules dans notre alimentation ont un effet antimicrobien qui provoque la réplication des phages. Les chercheurs ont ainsi réussi à déterminer quels aliments avaient un fort effet antimicrobien. Le miel, l’aspartame, les sauces pimentées, l’origan, la rhubarbe, le clou de girofle ou encore la cannelle ont des effets antimicrobiens qui ont pour effet de stopper la réplication des bactériophages et ainsi la diversité du microbiote intestinal. Le microbiote intestinal peut altérer notre habilité cognitive, notre métabolisme, notre poids et notre humeur mais peu aussi causer des inflammations, pouvant mener à des cancers, diabètes ou autres maladies. Ainsi, en analysant et en sélectionnant avec soin nos aliments, ceux-ci pourraient nous servir de façon analogue à des médicaments et ainsi corriger certains déséquilibres.

(*) Lance Boling, Daniel A. Cuevas, Juris A. Grasis, Han Suh Kang, Ben Knowles, Kyle Levi, Heather Maughan, Katelyn McNair, Marisa Isabel Rojas, Savannah E. Sanchez, Cameron Smurthwaite, Forest Rohwer. Dietary prophage inducers and antimicrobials: toward landscaping the human gut microbiome. Gut Microbes, 2020;

La consommation d’aliments transformés est fortement corrélée avec l’obésité aux Etats-Unis

La production et la consommation d’aliments transformés sont en forte augmentation aux Etats-Unis. Une étude de George Washington University (*) sur les tendances alimentaires conclut que des recommandations détaillées sont nécessaires pour améliorer la qualité et la nutrition des consommateurs. Les aliments les plus fréquemment associés au gain de poids sont les chips, les boissons sucrées, les sucreries, les desserts, la viande rouge, les viandes transformées, alors que les aliments limitant le gain de poids sont les graines, les fruits et les légumes.

(*) Janese Laster, Leigh A. Frame. Beyond the Calories—Is the Problem in the Processing? Current Treatment Options in Gastroenterology, 2019; 17 (4): 577