SRI Biosciences et le Stanford Cancer Institute s’associent pour lancer un programme de recherche pour de nouveaux traitements

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SRI Biosciences, la division biomédicale du Stanford Research Institute (SRI International, fondé par l’université Stanford en 1946, devenu indépendant en 1970), et le Stanford Cancer Institute (SCI) ont annoncé une collaboration visant à développer de nouveaux candidats-médicaments dans le traitement de multiples formes de cancers.

Cette initiative entend répondre au tarissement du nombre de projets de recherche et développement en phase précoce pouvant mener à la découverte de nouveaux traitements innovants, que ce soit dans les centres de recherche académiques ou des laboratoires pharmaceutiques. Dans le domaine pharmaceutique, le concept de “vallée de la mort” (valley of death) est connu et documenté depuis des années, faisant référence à une certaine discontinuité dans le cycle de développement de nouveaux médicaments (schématiquement entre la découverte scientifique et les essais cliniques sur l’Homme ou phase III). En effet, les laboratoires pharmaceutiques réduisent de plus en plus leurs budgets de recherche fondamentale au profit d’un modèle ouvert s’appuyant majoritairement sur des acquisitions de brevets matures, voire de sociétés innovantes. De plus, les capitaux-risqueurs ont toujours été peu enclins à miser sur des projets n’ayant pas encore apporté une preuve de concept effective, preuve ne pouvant être obtenue qu’à l’issue de la phase pré-clinique (phases I-II du développement). Cette tendance, déjà en cours dans les années 2000, s’est brutalement accélérée depuis la crise financière de 2008, l’investissement dans le secteur ayant globalement chuté et la prise de risque dans un domaine aussi gourmand en capital également. De leur côté, les universités et autres instituts de recherche mettent des ressources dans ce type de recherche en amont, sans pour autant avoir systématiquement l’expérience, les infrastructures, ni les moyens de conduire leurs projets jusqu’au stade clinique tant recherché.

Forts de leur historique de partenariats, le SRI et le SCI, deux instituts à but non lucratif aux racines profondes dans la Silicon Valley, ont donc décidé de tenter de s’attaquer à ce problème majeur. Si les collaborations entre des équipes de recherche des deux institutions existent depuis de nombreuses années, ce nouveau partenariat entend apporter plus de structure, de moyens et de coordination à ces efforts afin d’accélérer les résultats de ces projets de médecine translationnelle. Pour ce faire, ce programme réunira des équipes pluridisciplinaires des deux entités, aux expertises allant de la compréhension de la physiopathologie de différentes maladies au développement pré-clinique d’une preuve de concept permettant le passage vers des essais cliniques chez l’Homme, en passant par la découverte de nouveaux candidats-médicaments et de leurs mécanismes d’action précis.

Ces programmes de recherche seront par essence pluridisciplinaires, et entendent tirer profit des avancées récentes dans les champs de la génomique et de l’analyse moléculaire des pathologies (en particulier des cancers) afin de permettre l’émergence de nouvelles pistes thérapeutiques.

Les détails financiers et les contributions respectives du SRI et du SCI n’ont pas été détaillés pour le moment, ni le contenu exact des projets à venir. La qualité de leurs projets communs passés ou en cours permet cependant d’accorder du crédit à ce partenariat. En effet, les deux instituts ont récemment collaboré sur plusieurs projets, dont la découverte de la Tirapazamine, un anticancéreux porté jusqu’en phase III de développement et donc aux essais cliniques humains (phase III portée par Sanofi et ayant avorté), ou encore la découverte d’une molécule antagoniste du TGF-beta, une cytokine impliquée dans la signalisation de la maladie d’Alzheimer et débutant la phase d’essais cliniques dans un avenir proche.

La complémentarité de ces deux instituts est intéressante, le SCI étant réputé pour sa capacité à produire des découvertes majeures en termes de pistes de traitements, et le SRI ayant une unité de développement pré-clinique d’un très haut niveau d’expertise.


Pour en savoir plus : [1]

Rédacteur :
- Hocine Lourdani, Attaché adjoint pour la Science et la Technologie, San Francisco, hocine.lourdani@ambascience-usa.org ;
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