Signature d’un accord de collaboration entre l’Institut de Radio Astronomie Millimétrique (IRAM) et l’Université du Michigan

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Le 1er septembre 2016, les représentants de l’Institut de Radio Astronomie Millimétrique (IRAM) Karl Schuster et de l’Université du Michigan aux USA Edwin Bergin se sont rejoints au cœur du plateau de Bure, dans le Dévoluy en France, pour officialiser un accord de collaboration internationale [1].

Le plateau de Bure est situé à 2 552 m d’altitude, dans le massif du Dévoluy (Hautes-Alpes) dans un environnement propice aux observations astronomiques. Ce site a été choisi en 1979 pour développer un réseau de plusieurs radiotélescopes (antennes de 15 m de diamètre), l’observatoire du Pic de Bure, géré et piloté par l’Institut de Radio Astronomie Millimétrique (IRAM), institut conjoint entre le CNRS, la Max-Planck-Gesellschaft en Allemagne et l’IGN (Instituto Geogràfico Nacional) en Espagne.

Le projet NOEMA "NOrthern Extended Millimeter Array" vise à l’extension progressive à 12 antennes de cet observatoire, actuellement composé de 8 antennes. Cette extension devrait être atteinte à l’horizon 2019 et fera de NOEMA l’équipement de radio astronomie le plus performant de l’hémisphère Nord. Une fois achevé, ce dispositif astronomique disposera d’un pouvoir de résolution spatiale 4 fois plus fort et d’une sensibilité multipliée par 10. Il ouvrira dans le domaine millimétrique une nouvelle gamme d’observations qui permettra aux astronomes d’explorer en profondeur certaines questions les plus fondamentales de l’astronomie moderne, dont la compréhension de la chimie interstellaire et de son influence sur la formation des étoiles et des planètes [2].

Le principe d’un interféromètre radio est fondé sur l’observation simultanée d’une même source cosmique par toutes les antennes en exploitant le jeu des interférences intervenant entre les différentes ondes électromagnétiques captées.
La résolution angulaire obtenue avec cette technique d’observation correspond à celle d’un unique télescope dont le diamètre serait égal à la distance maximale entre les antennes (soit 1640 mètres dans le cas de NOEMA). Pour illustrer la puissance de ce dispositif d’observation, on peut imaginer qu’il serait capable de distinguer deux pièces d’un Euro placées l’une à côté de l’autre à une distance de 5 000 mètres !

Pour formaliser leur collaboration autour du développement de l’observatoire du Pic de Bure, l’IRAM et l’Université du Michigan ont signé un accord de type MoU, "Memorandum of Understanding" qui précise l’investissement de l’Université du Michigan, de 1,5 Million d’Euros, qui servira notamment :
- au développement de l’équipement et notamment des antennes existantes qui seront dotées de nouvelles technologies pour accroître les performances du télescope ;
- au développement des liens scientifiques entre le département d’astronomie de l’Université du Michigan et la communauté des utilisateurs de l’IRAM qui regroupe un grand nombre d’équipes de recherche françaises ;
- au développement des aspects formation autour de cet équipement et notamment la formation d’étudiants américains ; et
- à la promotion des collaborations transatlantiques dans ce domaine de l’astronomie.

Cet équipement est très complémentaire du radiotélescope géant situé dans le désert de l’Atacama au Chili, "Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA)". Il faut noter que la demande pour utiliser ce type de télescope excède largement l’offre disponible et qu’il y a donc une sélection très importante réalisée sur les projets d’observation (taux de sélection d’environ 20%). L’accès à ces télescopes est très recherché car ils permettent d’acquérir des données précieuses dans des domaines de recherche très compétitives en astronomie qui ouvrent de nouveaux horizons.

L’officialisation de cette collaboration entre l’IRAM et l’Université du Michigan valide la stratégie des institutions partenaires (notamment du CNRS et de la société Max Planck) et la vision portée par la direction de l’IRAM sur le maintien et le développement d’un tel équipement de pointe. Côté Etats-Unis, la fermeture en avril 2015 de l’observatoire CARMA "Combined Array for Research in Millimeter-wave Astronomy", a contraint les équipes de recherche à se tourner vers d’autres observatoires dont celui du Plateau de Bure.


Rédacteur :
Hervé Martin, Attaché pour la Science et la Technologie