Start-up et récession économique

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Avec l’effondrement des marchés financiers et la crise économique qui touche actuellement les Etats-Unis, les start-up doivent revoir leur stratégie d’investissement. Pour lutter contre cette crise et réduire leurs dépenses, les compagnies devront s’armer de patience et de rigueur.


Le nombre d’entrée en bourse n’a jamais été aussi faible depuis 5 ans : 45 compagnies ont gelé leur offre cette année. Depuis le début de l’année et d’un point de vue national, seulement 9 compagnies ont fait leur entrée sur le marché boursier [1] [2]. En Nouvelle Angleterre, aucune entreprise n’a encore été cotée alors qu’à cette même époque l’année dernière on recensait déjà 62 nouvelles entreprises cotées dont 5 en Nouvelle Angleterre (cf. rapport du Thomson Financial research House)[3]. Ces opérations retardées pèseraient 21,4 milliards de dollars, soit près du double de la valeur des montants levés en Bourse cette année. Les 92 IPO depuis janvier ont levé 12,2 milliards de dollars, soit leur plus faible niveau depuis 2003 [3].

Si les acquéreurs stratégiques tels que Microsoft, IBM Corp, Bristol-Myers Squibb Co, continuent d’acquérir des start-ups pour augmenter le nombre de leur actions, la période est rude dans le secteur des "private equity" (forme de capitalisme actionnariale où les entreprises jugées prometteuses sont entièrement rachetées, sorties de la Bourse restructurées etc. puis revendues après 2, 3 ans avec une forte plus value et une réintroduction en Bourse). Le peu de dynamisme qu’offre le marché boursier prévoit des plus-values faibles et oblige les repreneurs à différer leur sortie.

Les Capitaux risqueurs s’accordent aussi à dire qu’il s’agit d’une période peu favorable pour l’introduction en bourses des sociétés. Elles conseillent aux compagnies de veiller sur leurs ressources et proposent des préconisations simples telles que limiter les dépenses inutiles : frais de déplacement en première classe, sous-traitance des recrutements par un cabinet etc. Affectées par cette crise du crédit, de nombreuses sociétés réexaminent leurs stratégies et doivent prévoir d’autres alternatives à la cotation boursière pour lever des Fonds. Les sociétés dites "early stage" sont le plus touchées par la récession, en particulier celles spécialisées dans les sciences de la vie. Elles font d’ordinaire leur entrée sur le marché boursier après 5 à 8 ans d’existence mais cette année, elles se sont résignées et s’engagent à réduire un maximum leurs dépenses. Par exemple, la société Archemix, spécialisée dans les biotechnologies et basée à Cambridge, a décidé de concentrer ses efforts en réalisant des recherches très ciblées et "out-license" la technologie qu’elle développe à des compagnies qui ont les moyens de conduire des essais cliniques plus larges et plus coûteux.

Beaucoup de jeunes sociétés reconnaissent que leur entrée en bourse risque de prendre plus de temps que prévu. Il est en effet difficile d’anticiper et de savoir quand le marché boursier offrira de meilleures opportunités. Mais si l’avenir de l’économie reste ainsi incertain, cet excès de prudence pourrait entraîner l’inertie des stocks et donc freiner davantage la liquidité des flux.

Source :


- [1] Article Boston Globe : Start-ups gird for a long Haul - par Robert Weisman - 17 mars 2008
- [2] Entering 2008, IPO are booming, but not necessarily blooming : http://venturebeat.com/2008/01/02/entering-2008-ipos-are-booming-but-not-blooming/
- [3] http://www.magnetmail.net/images/clients/NVCA/attach/Q407ExitPollReleaseFINAL.pdf

Pour en savoir plus, contacts :


- Article : Le monde diplomatique, "Crise financière n’en tirer aucune leçon" par Frederic Lordon, Mars 2008 n°648
- Article : Le journal du Web : "Quelles valeurs IT résistent à la chute de la bourse ?" - http://www.journaldunet.com/ebusiness/internet/dossier/080125-hausses-et-baisses-valeurs-IT-2008/1.shtml
- Article : http://www.journaldunet.com/dossiers/ipo/ipoindex.shtml
- Site web : http://www.forbes.com/
Code brève
ADIT : 53636

Rédacteur :

Sandrine Espié, deputy2-inno.mst@consulfrance-boston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….