Succès de Soyouz au Centre Spatial Guyanais - Mise en orbite de CosmoSkyMed Second Generation, CHEOPS, ANGELS, EyeSat et OPS-SAT

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Mercredi 18 décembre 2019, Soyouz a parfaitement réussi sa mission depuis le Centre Spatial Guyanais (CSG), port spatial de l’Europe, en mettant en orbite CosmoSkyMed Second Generation pour le compte de l’Agence spatiale italienne (ASI) et du ministère de la Défense italien, CHEOPS pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA), ANGELS, EyeSat tous deux pour le compte du CNES et OPS-SAT pour le compte de l’opérateur Tyvak, dont le client final est l’ESA. Le lanceur signait ainsi sa 23ème mission au CSG, sa troisième mission en 2019 et le neuvième lancement de l’année au CSG.

D’une masse au décollage de 2.205 kg, CosmoSkyMed Second Generation construit par Thales Alenia Space en Italie, est un satellite d’observation de la Terre équipé d’un radar à synthèse d’ouverture (RSO), capable d’effectuer des observations dans toutes les conditions météorologiques et de luminosité, de jour comme de nuit. Le système CosmoSkyMed Second Generation, y compris son segment sol, établira une nouvelle norme de performance pour les systèmes spatiaux d’observation radar en termes de précision, de qualité d’image et de flexibilité des services pour les utilisateurs. Ce système dual, civil et militaire, est conçu pour répondre aux besoins des clients commerciaux et institutionnels, ainsi que de la communauté scientifique. Sa durée de vie est estimée à sept ans.

D’une masse au décollage de 273 kg, CHEOPS (CHaracterising ExOPlanets Satellite) construit par Airbus en Espagne, est la première mission dédiée à l’étude d’exoplanètes déjà identifiées en orbite autour d’étoiles lumineuses situées au voisinage du système solaire. Elle a pour objectif de recueillir des données plus détaillées sur la taille de ces planètes lorsque celles-ci passent devant leur étoile hôte. La charge utile se focalisera sur les exoplanètes de la gamme de taille comprise entre celle de la Terre et celle de Neptune. Les données collectées permettront de déterminer leur masse volumique apparente, ce qui est une première étape de caractérisation de ces planètes situées hors de notre système solaire. Sa durée de vie est estimée à 3,5 ans

D’une masse au décollage de 27 kg, le nano satellite ANGELS (Argos Neo on a Generic Economical and Light Satellite) a été conçu et développé dans le cadre d’un partenariat innovant entre le CNES et la société HEMERIA. ANGELS complète le service ARGOS qui recueille et localise les signaux et messages de faible puissance des 20.000 balises actuellement en service autour du globe. Premier nano satellite issu de la filière industrielle française, il se présente sous la forme d’un CubeSat 12U embarquant à son bord l’instrument ARGOS Néo miniaturisé, 10 fois plus petit que l’instrument de génération précédente. Avec ANGELS, le CNES ouvre ainsi la voie à l’industrie française pour la construction de nouveaux nano satellites à vocation civile ou militaire. Sa durée de vie est estimée à deux ans.

D’une masse au décollage de 7 kg, EyeSat se présente sous la forme d’un CubeSat 3U équipé d’un petit télescope spatial appelé IRIS. EyeSat est financé et développé par le CNES dans le cadre du projet Janus (Jeunes en Apprentissage pour la réalisation de Nanosatellites des Universités et des écoles de l’enseignement Supérieur), qui vise à encourager les étudiants des universités et des écoles d’ingénieurs à développer leurs propres satellites de petite taille. Il est conçu pour étudier la lumière zodiacale et l’image de la Voie lactée. La mission a trois objectifs principaux : scientifique, de démonstration de nouvelles technologies satellitaires, de formation d’étudiants aux métiers de l’ingénierie spatiale. Sa durée de vie est de un an minimum.

D’une masse au décollage de 7 kg, OPS-SAT se présente sous la forme d’’un CubeSat 3U. OPS-SAT est le premier banc d’essai spatial mondial accessible gratuitement. Il permettra de tester les nouveaux moyens de contrôle des satellites, tels que logiciels, applications et technologies innovantes. Avec OPS-SAT, l’Europe accède à une nouvelle ère d’innovation et de débouchés commerciaux dans le domaine du transport spatial. Au cours de sa première année d’exploitation, plus de 100 essais en vol proposés par de nombreux États membres de l’ESA seront réalisés par OPS-SAT. OPS-SAT a été développé par l’Université de technologie de Graz (Autriche) en partenariat avec des sous-traitants issus d’Autriche, d’Allemagne, de Pologne et du Danemark. Il sera exploité par l’ESA depuis le Centre Européen des Opérations Spatiales (ESOC) en Allemagne. Sa durée de vie est de un an minimum. Il sera le premier satellite mis en orbite pour l’opérateur Tyvak, dont le client final est l’ESA. Tyvak offre la possibilité d’accéder à l’espace grâce à des solutions spatiales clés-en mains proposées à moindre coût afin de faciliter une mise en orbite rapide, notamment pour les satellites de petite taille, y compris les CubeSats. Tyvak international Italie a fourni le déployeur et le service de lancement pour le compte de l’ESA.

À l’issue de ce lancement parfaitement réussi, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, a déclaré : « Ce 23ème succès de Soyouz clôt avec brio l’année 2019. Encore une fois, l’ensemble des collaborateurs du CNES ont su se mobiliser avec succès : le Centre Spatial de Toulouse pour le développement en un temps record des nano satellites innovants, ANGELS et EyeSat, le Centre Spatial Guyanais et la Direction des Lanceurs pour la mise en œuvre parfaite du système de lancement Soyouz en Guyane. Ce lancement démontre l’adaptabilité de la gamme des lanceurs européens aux exigences du marché, qui désormais s’ouvre à celui des nano satellites. Je félicite chaleureusement l’ensemble des équipes mobilisées sur cette opération chez tous nos partenaires, Airbus, Thales Alenia Space, Hemeria, ESA, Arianespace, Starsem, tous les industriels européens et russes. Ce succès revêt un caractère particulier puisqu’il intervient quelques jours après le pas de géant qu’a fait l’Europe au Conseil ministériel de Séville et à la veille du 40ème anniversaire du premier lancement d’Ariane, le 24 décembre. C’est pour le CNES tout entier, un immense plaisir de terminer 2019 avec un tel enchaînement de succès ! »