Transition difficile à la tête du NIH

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Dans un article intitulé "painful transition at the NIH" et paru dans l’éditorial du journal Nature du 4 mai 2006, les auteurs reviennent sur les difficultés actuelles du directeur du NIH, Elias Zerhouni.
Elias Zerhouni, un médecin radiologue d’origine algérienne, est à la tête du National Institutes of Health (NIH) depuis 4 ans et vient d’être confirmé dans ses fonctions par le sénat. Cependant, après 3 ans de budget stable, la direction de Zerhouni est ouvertement attaquée par certains scientifiques. Ils ont focalisé leurs critiques sur la "Roadmap" (feuille de route) mise en place par le directeur. Pour les scientifiques, cette mesure ne marche pas et détourne les ressources de la recherche fondamentale.
3 réponses à ces critiques :
- La première est que la feuille de route définissant les priorités des NIH préconise un transfert efficace des résultats de la recherche fondamentale vers des études cliniques.
- La seconde est que le budget du NIH qui a doublé entre 1998 et 2003 est stable depuis 3 ans.
- L’opinion publique considère que les scientifiques, bénéficiaires du doublement du budget, ne sont pas en position de se plaindre
Depuis 2003, la feuille de route, dont le budget annuel est de 400 millions de dollars, a défini l’action de la direction de Zerhouni. Son but est d’encourager la recherche multidisciplinaire des 27 instituts composant les NIH de manière à accélérer les applications des résultats de la recherche fondamentale. La biologie fondamentale doit cependant rester le composant principal et assister la recherche appliquée.
Pour les auteurs, le principal problème de Zerhouni ne vient pas des buts proposés par sa feuille de route mais plutôt de sa nomination par le président Bush. Les chercheurs du NIH auraient soutenu Zerhouni de manière plus franche s’ils étaient persuadés qu’il défend de manière vigoureuse l’autonomie traditionnelle et les intérêts des NIH.
Récemment, Zerhouni a dû justifier l’utilisation des budgets supplémentaires au Congrès. Le doublement du budget est intervenu durant le changement de directeur entre Harold Varmus et Elias Zerhouni après un long intérim assuré par Ruth Kirschstein. En matière de résultats, il n’y a pas de stratégie claire et constante d’utilisation de l’argent. En particulier, certains scientifiques regrettent que les jeunes chercheurs n’aient pas plus de financement au moment de leur période la plus créative.
L’affaire des conflits d’intérêts qui a eu lieu sur le campus de Bethesda en 2004 a conduit à l’introduction de règles beaucoup plus contraignantes dans la gestion des relations entre les scientifiques et les affaires. Cette mesure n’est pas populaire, mais Zerhouni a montré beaucoup de loyauté et d’investissement personnel et devrait, selon les auteurs, bénéficier de plus de crédibilité.
Améliorer la coordination entre les instituts des NIH reste un sujet difficile pour le directeur. L’établissement de la feuille de route du NIH qui lui a donné plus de poids était un changement nécessaire. Selon les auteurs de l’article, Elias Zerhouni remplit très bien le rôle qui lui est demandé, cependant, il aura besoin de travailler dur afin de persuader son équipe de son dévouement.

Source :

http://www.nature.com/nature/journal/v441/n7089/pdf/441001a.pdf

Rédacteur :

Brice Obadia vi-sdv.mst@ambafrance-us.org
Hedi Haddada attache-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….