Trop de mineurs sont encore condamnés

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Une étude du National Institute of Occupational Safety and Health (NIOSH) auprès de travailleurs des mines de charbon des Appalaches, a mis en évidence plusieurs dizaines de cas de pneumoconiose qui auraient pu être évités grâce à une meilleure application des normes environnementales et un suivi sanitaire plus rigoureux. Le NIOSH est un institut dépendant des Centers for Disease Control and Prevention (CDC, Department of Health and Human Services).

Une recrudescence de cas apparus en 2005 et 2006 avait incité le NIOSH à réaliser une enquête de terrain. 26 sites miniers, répartis dans 7 comtés, 3 dans le Kentucky et 4 en Virginie ont été compris dans l’étude. 975 mineurs sur un rôle total de 4897 personnes ont subi des tests de détection de maladies pulmonaires professionnelles. 37 cas (3,8%) de pneumoconiose ont été décelés.

La pneumoconiose est un terme générique qui regroupe différentes affections pulmonaires associés aux activités extractives, dont les plus connues sont la silicose, l’asbestose et l’anthracose. La recrudescence de ces affections est préoccupante dans la mesure où une loi de 1969 fixant un maximum de 2 mg de poussières par m3 d’ambiance de travail était censée éteindre ce type de maladies professionnelles.

Cependant, cette norme s’avère peu appliquée, en particulier dans les petites exploitations minières, et devient par ailleurs de plus en plus difficile à atteindre avec l’épuisement des ressources qui obligent à exploiter des veines de charbon plus petites, entraînant la production de plus grandes quantités de débris fins. Par ailleurs, alors que la loi prévoit pour les travailleurs une radiographie à l’embauche, puis 3 ans plus tard, puis tous les 5 ans, la totalité des 37 cas décelés avait été plus de 10 ans sans radiographies et 59%, 20 ans. De nombreux travailleurs ne se présentent pas aux examens réglementaires par peur de perdre leur emploi si un début de pneumoconiose est décelé.

Dès 1995, le NIOSH avait proposé d’abaisser la norme à 1 mg/m3, mais cette proposition était restée lettre morte. En revanche, la Mine Safety and Health Administration (MSHA, Department of Labor) avait recommandé en 2003 un assouplissement de la norme, pour y renoncer du fait de l’opposition des syndicats de mineurs. Le NIOSH expérimente actuellement des appareils portatifs permettant d’enregistre en temps réel l’exposition des travailleurs.

La loi "Coal Mining Safety and Health Act" a été promulguée en 1969 à la suite du désastre de la mine de Farmington (Virginie de l’Ouest) le 19 novembre 1968. Une série d’explosions survenue ce jour-là avait contraint les autorités à sceller définitivement la mine afin d’étouffer les incendies qui faisaient rage dans le sous-sol. 78 travailleurs étaient restés au fond. A ce jour, seuls les corps de 59 d’entre eux ont été retrouvés. L’adoption de cette loi a résulté en une diminution spectaculaire des accidents du travail et des affections professionnelles.

Source :


- http://www.theithacajournal.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20070706/LIFESTYLE06/707060340
- Advanced Pneumoconiosis Among Working Underground Coal Miners --- Eastern Kentucky and Southwestern Virginia, 2006, CDC, Morbidity and Mortality Weekly Report, July 6, 2007 / 56(26) ;652-655 http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm5626a2.htm
- Advanced Cases of Coal Workers’ Pneumoconiosis --- Two Counties, Virginia, 2006, CDC, Morbidity and Mortality Weekly Report, August 25, 2006 / 55(33) ;909-913
http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm5533a1.htm
- Lettre de la MSHA aux opérateurs de mines de charbon souterraines (31 mai 2007)
http://www.msha.gov/focuson/controlthedust2007/sticklerletterctd.pdf

Pour en savoir plus, contacts :


- Numéro du Journal of United Mine Workers consacré à la proposition d’assouplissement des normes poussières par la MSHA, 114th year, n°3, may-june 2003
http://www.umwa.org/journal/VOL114NO3/114thyear_no3.pdf
- L’accident du puits 9 de la mine de Farmington : http://www.rootsweb.com/~wvcoal/farm.html
Code brève
ADIT : 43613

Rédacteur :

Philippe Jamet, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….