Un modèle d’entreprise de biotechnologie qui a attiré les investisseurs en 2005

, Partager

Dans un climat de baisse des investissements en capital risque aux Etats-Unis (cf BE Etats-Unis N°17 http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/31595.htm), un type d’entreprise de biotechnologie a été épargné en 2005. Les entreprises de biotechnologies dites de "spécialité" ont été très en vogue en 2004 et 2005. Elles ont attiré une grande majorité des premières séries de financements de capital risque en 2005. Elles ont séduit en présentant un modèle de développement moins risqué associé à des retours sur investissements plus rapides.
Ces entreprises n’ont pas pour stratégie de découvrir elles-mêmes leurs médicaments mais acquièrent les droits sur des molécules qui n’intéressent plus les grands groupes pharmaceutiques. Elles résultent très souvent d’un essaimage au sein de ces derniers (4 cas en 2005).
Généralement les médicaments rachetés ne répondent pas totalement aux besoins du patient et par conséquent n’atteignent pas le potentiel de marché et les revenus espérés par les grandes entreprises pharmaceutiques. D’autres molécules rachetées font partie de projets abandonnés par des entreprises. Le challenge consiste à identifier parmi ces médicaments ceux qui peuvent être largement améliorés grâce à des développements réduits.
Ces entreprises de "spécialité" prennent en charge les dernières étapes du développement de la molécule, les affaires réglementaires, la production et la commercialisation. Aux Etats-Unis, 3 de ces entreprises possédaient des produits en phases III en 2005.
Les marchés visés sont de taille réduite (dermatologie, ophtalmologie…) mais ils sont associés à de multiples maladies afin de développer un portfolio de produits diversifiés mais spécialisé.
La société Jazz Pharmaceutical (Palo Alto, Californie) fondée en 2003 est un exemple de ce type d’entreprise. Elle a pu lever jusqu’à présent 350 millions de dollars. Un de ses produits, Enlever, a été développé à partir d’un médicament contre l’incontinence urinaire présentant d’importants effets secondaires. L’entreprise a notamment mené les études nécessaires pour adapter la dose d’administration afin d’atteindre un ratio bénéfice /effets secondaires acceptable pour le patient.
Cependant, selon Cynthia Robin Roth, fondatrice de BioVenture Publishing Inc. et BioVenture Consultants, les financements de capital risque commencent à se réduire aujourd’hui pour ce type d’entreprise alors que se révèlent les points faibles de leur modèle : ces entreprises sont très dépendantes de leurs partenaires et sont sous pression pour remplir leur pipeline. En effet elles ne possèdent ni de plate-forme technologique ni des compétences nécessaires en recherche et développement pour générer de nouveaux produits par elles même. De plus, le taux d’échec des produits en phase clinique reste encore élevé.

Source :


- Revue de la conférence ’JP Morgan Healthcare, 9-12 janvier 2005’ par Cynthia Robbins-Roth organisée par l’association Bio E2E - http://bioe2e.org/2006/feb8.html
- http://www.jazzpharmaceuticals.com

Pour en savoir plus, contacts :

BE Etats-Unis Numéro 17 - "Les investisseurs rencontrent les entreprises de biotechnologies aux conférences de JPMorgan a San Francisco, après une année encourageante pour le secteur" http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/31595.htm
Code brève
ADIT : 32425

Rédacteur :

Peggy Rematier, vi.sdv@consulfrance-sanfrancisco.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….