Un procédé de fabrication de nanofils plus simple, plus rapide et reproductible

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Deux chercheurs de Texas A&M university à College Station (Dr Kundu et Dr Liang) ont développé un procédé de fabrication de nanofils conducteurs beaucoup plus simple et rapide, donc beaucoup plus économique que les méthodes déjà existantes.

Le principe reste le même : la métallisation de chaînes ADN qui constituent de très bons gabarits pour ces nanofils conducteurs. Elles sont à la fois solides grâce à leur structure en double hélice imbriquées, peuvent s’assembler pour former des structures complexes (cubes, carrés, jonctions T), et sont chargées négativement pour attirer les cations métalliques. Seul le procédé change, les autres méthodes demandant de travailler à haute température (>300°) et haute pression, et parfois sous irradiation gamma.

Le procédé proposé par Subrata Kundu et Hong Liang est une synthèse photochimique en une seule étape pour fabriquer des nanofils de Cadmium Sulfide (CdS) conducteurs, sur un gabarit de chaîne ADN. Le principe est simple : il s’agit de mélanger les concentrations appropriées de sel Cadmium et de thioacétamide (TAA) à une solution d’ADN, et d’exposer le mélange à des rayons UV (de longueur d’onde 260 nm) pendant 6h, à température ambiante. Il en résulte des nanofils de 50 nm de diamètre qui sont électriquement conducteurs. En effet, sous l’exposition UV, des ions S2- sont libérés et réagissent avec les ions Cd2+ pour former le CdS, stabilisé par les chaînes ADN. Les nanofils apparaissent stables et trois mois après leur formation, leurs propriétés optiques n’ont pas changé.

Dr Kundu et Dr Liang continuent leurs recherches dans le but d’utiliser différents métaux (plomb, zinc, molybdenum) pour produire ces nanofils. Cela leur permettra d’obtenir plus d’information sur la manière de contrôler le procédé. Dans un futur proche, en contrôlant la synthèse des nanofils et en jouant sur ses paramètres (concentrations des sels, temps d’exposition UV), le Dr Kundu pense être en mesure de fabriquer des structures complexes très prometteuses (en 3 dimensions, ou des jonctions T par exemple) en utilisant les propriétés intrinsèques de l’ADN, pour réaliser des microcircuits pour des puces électroniques ou des microsystèmes médicaux.

Source :


- Dr Subrata Kundu, Dr Hong Liang, Material Science and Mechanical Engineering, Texas A&M University
- Article de Advanced Materials : "Photochemical Synthesis of Electrically Conductive CdS Nanowires on DNA Scaffolds" - http://www.physorg.com/news121700723.html

Rédacteur :

Alban de Lassus - deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….