Une nouvelle approche pour stopper le virus du VIH au stade précoce de l’infection

, Partager

Des scientifiques du Scripps Research Institute, La Jolla - Californie, dirigés par les Professeurs Burton and Wong, ont imaginé une nouvelle stratégie en deux étapes pour lutter contre le VIH. Le concept repose sur les "glycodendrons", conçus pour jouer un rôle double : d’une part, inhiber le transport du virus à partir du point d’entrée, et d’autre part, déclencher une réponse immunitaire humorale dirigée contre une structure carbohydrate unique à la surface du virus.

Cette nouvelle approche combine deux découvertes récentes. La première est que le VIH utilise la technique du cheval de Troie pour infecter les cellules. Le virus une fois entré dans l’organisme va se fixer sur des récepteurs des cellules dendritiques, DC-SIGN, et de ce fait va éviter la détection immunitaire et surtout va être directement acheminé vers les cellules T dans le système lymphoïde, but ultime du virus. A partir de là, les cellules T vont être infectées et l’infection va ensuite se répandre. La seconde est qu’il existe un anticorps capable de déclencher une réaction immunitaire contre ce virus. Cet anticorps 2G12 protège les personnes contre la progression du virus, cependant très peu des personnes infectées développent une telle réaction immunitaire. Cet anticorps reconnaît un groupe de sucres sur les protéines d’enveloppe du virus, qui se trouve être également la région qu’utilise le virus pour fixer la protéine DC-SIGN sur les cellules dendritiques.

Précédemment, les Professeurs Burton et Wong ont conçu et testé des constructions synthétiques mimant le cluster de sucres reconnu par 2G12. De plus, le Pr Wong a mis au point une technique qui permet d’assembler rapidement des structures carbohydrates. Les scientifiques ont donc par la suite construit une molécule qui peut lier les protéines DC-SIGN, empêchant ainsi le VIH de s’y fixer, et qui mime aussi la surface reconnue par 2G12 et peut donc déclencher une réaction immunitaire dirigée contre l’enveloppe du virus.

En essais in vitro, cette molécule est capable d’inhiber la fixation du VIH sur les protéines DC-SIGN des cellules dendritiques. Toutefois, pour développer un vaccin, elle devra être attachée à une molécule carrier car elle est trop petite et trop faible pour être utilisée tel quel.

Cette étude prometteuse insuffle un regain d’espoir dans la création d’un vaccin anti-VIH.

Source :


- Scripps Research Scientists Devise Approach That Stops HIV at Earliest Stage of Infection, Renee Twombly, News and Views, Vol 8. Issue 8, 10/03/2008 - http://www.scripps.edu/newsandviews/e_20080310/wong.html
- Scientists Devise Approach That Stops HIV at Earliest Stage of Infection, EurekAlert, 27/02/2008 - http://www.eurekalert.org/pub_releases/2008-02/sri-srs022708.php

Pour en savoir plus, contacts :


- Sur l’étude en question : http://www.pnas.org/cgi/content/abstract/105/10/3690?maxtoshow=&HITS=10&hits=10&RESULTFORMAT=&fulltext=HIV&searchid=1&FIRSTINDEX=0&volume=105&issue=10&resourcetype=HWCIT
- Sur le Professeur Burton : http://www.scripps.edu/research/faculty.php?rec_id=4345
- Sur le Professeur Wong : http://www.scripps.edu/chem/wong/boss.htm
Code brève
ADIT : 53556

Rédacteur :

Camille Arnaud, deputy-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org - Mireille Guyader, attache-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….