Une nouvelle étude sur l’attitude des consommateurs américains vis-à-vis de leur alimentation

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La fondation Internationale du Conseil sur l’Information Alimentaire (fondation IFIC) a pour objectif de communiquer, sur la base d’éléments scientifiques, les informations relatives à la santé, à la nutrition et à la sécurité alimentaire auprès des pouvoirs publics et de la population américaine [1]. Parmi leurs outils de communication, la fondation IFIC utilise son site internet, les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter, une lettre mensuelle d’informations, des interventions lors de conférences/symposium, et des enquêtes réalisées directement auprès du grand public.

En 2012, la fondation IFIC a réalisé une étude relative aux notions de sécurité alimentaire, de nutrition et de santé auprès de plus d’un millier de consommateurs américains. La fondation IFIC réalise annuellement ce type d’étude depuis 2006 afin de suivre l’évolution de la perception des américains sur leur alimentation et leur santé. L’étude consiste en l’exploitation d’un questionnaire détaillé. Malgré un échantillonnage qui reste limité par rapport à la taille de la population des Etats-Unis, celui-ci est représentatif de la démographie de la population américaine.

Une des premières conclusions surprenantes de l’étude a montré que près de la moitié des personnes interrogées affirment qu’il est plus facile de comprendre comment payer ses impôts que de déterminer un régime alimentaire équilibré sur le plan nutritionnel pour rester en bonne santé. En effet, les personnes sondées constatent que les messages de communication nutritionnelle sont en constante évolution et qu’il est donc difficile de définir un régime alimentaire équilibré sur la durée. Il est à noter que les critères d’achat actuels d’un produit sont, par ordre de priorité, le goût (87% des personnes interrogées), le prix (76%) puis le caractère nutritionnel (61%).

Le point sur la perception des nutriments dans l’alimentation

De manière surprenante, selon les résultats du questionnaire, 90% des interviewés (75% en 2011) considèrent qu’ils sont en bonne, voire très bonne santé, mais qu’il leur reste cependant des efforts à mener pour adopter un régime alimentaire équilibré (21% des personnes interrogées pensent que leur régime alimentaire n’est pas bénéfique pour leur santé).

Les consommateurs sont conscients des risques de maladies cardio-vasculaires et d’autres problèmes de santé liés à la surconsommation d’acides gras et de lipides. Sur la base de l’enquête, près de 70% des sondés tentent de limiter leurs apports lipidiques. Par ailleurs, l’étude révèle que près de 80% des personnes indiquent comprendre que toutes les matières grasses n’ont pas le même impact sur l’organisme, et par conséquent sur la santé.

L’étude confirme que 60% des interviewés (pourcentage stable depuis 2006) disent considérer la teneur en sel du produit lors de son achat. Cependant, il est nécessaire de tenir compte du fait que 24% des repas consommés par les américains sont pris en dehors du foyer dans des restaurants ou chaines de restauration rapide (étude menée par LivingSocial en 2011) [2]. A titre de comparaison, pour la France, 14% des repas sont pris à l’extérieur [3]. La consommation de repas hors foyer ne permet pas de surveiller de manière précise la quantité de sel présente dans les produits.

Concernant les sucres et les glucides, la moitié des personnes sondées tentent de limiter leurs apports en sucres alors que 44% limitent leurs apports en sirop de fructose de maïs. Il est à noter que 47% des personnes interrogées préfèrent les produits fabriqués à base d’édulcorants plutôt que de sucres.

Enfin, sur la question des protéines, 60% des personnes interrogées prêtent attention à la quantité de protéines présente dans le produit, notamment lorsqu’il s’agit de produits de type plats cuisinés. Selon les résultats de l’étude, il y a un intérêt croissant de la part du consommateur pour augmenter la teneur en protéine de l’alimentation au vue des effets bénéfiques associés : le renforcement musculaire, l’association à un régime équilibré, l’effet de satiété, et l’aide à la perte de poids. Le principal frein à la consommation de ce nutriment reste cependant le prix des produits.

La majorité des personnes mobilisées pour cette enquête indique tenir compte des valeurs nutritionnelles indiquées sur les emballages alimentaires, comme le montre le tableau ci-dessous :


Pourcentage de personnes attentives aux valeurs nutritionnelles des produits alimentaires en 2006 et 2012
Crédits : MS&T


Hormis la nette évolution observée sur l’attitude des personnes interrogées concernant les protéines, les comportements relatifs aux autres nutriments varient peu entre 2006 et 2012. Ces résultats confortent la nécessité des actions de communication et de prévention menées auprès de la population américaine depuis plus de 50 ans (programme de nutrition, guide alimentaire, …). Néanmoins, le premier critère observé par le consommateur sur l’emballage alimentaire est la date d’expiration du produit, à 76%, puis, en second lieu, l’étiquette nutritionnelle avec 66%. Cependant, l’étude révèle également que 30% des personnes considèrent que tous les nutriments ont le même impact sur la prise de poids, et seulement 18% ont identifié que les lipides ont un impact plus important. Les rôles des nutriments sur l’organisme et l’impact sur la santé ne semblent donc pas totalement intégrés par les consommateurs. L’étude n’apporte cependant pas de données relatives à la perception et à la consommation des vitamines et autres micronutriments.

La notion de sécurité alimentaire

Près de 80% des consommateurs américains interviewés accordent leur confiance à la sécurité alimentaire des produits et boissons vendus sur le territoire. L’étude montre que seul 17% des personnes ont cessé d’acheter un produit spécifique suite à des incidents relevant de la sécurité alimentaire du produit tels que la présence de bactéries, de produits chimiques, de pesticides, ou d’antibiotiques (utilisés lors de l’élevage des animaux). Il est à noter que 48% des personnes considèrent que les aliments importés présentent un plus grand niveau de risque sur le plan de la sécurité sanitaire en raison de différences de réglementation sur ces marchés.

D’autre part, le sondage a mis en avant que la sécurité alimentaire est gérée principalement par 1. la personne qui prépare les aliments au foyer (94%), 2. les fermiers et les producteurs (82%), 3. les revendeurs/détaillants (73%), 4. les fabricants de produits alimentaires (65%), 5. les établissements de services alimentaires (64%), et finalement en sixième position, les agences gouvernementales avec 56%. La sécurité alimentaire est donc un élément globalement maitrisé tout au long du système de production alimentaire.

Les recommandations nutritionnelles américaines

Les recommandations nutritionnelles (Le guide des recommandations nutritionnelles américain [4]), les outils nutritionnels (MyPlate [5] ou MyPyramid [6] comme nous les présentions dans un précédent communiqué [7]) et les messages de communication ne cessent d’évoluer aux Etats-Unis. Avant de mettre en pratique les nouvelles recommandations énoncées, l’étude montre que les consommateurs vont soit effectuer leur propre recherche pour confirmer l’information (26%), soit accorder leur confiance en fonction de l’organisme qui aura énoncé les nouvelles recommandations (24%), ou simplement utiliser leur propre jugement (14%). Plus de la moitié de la population américaine est donc réceptive aux messages de communication nutritionnelle. Par ailleurs, l’étude énonce que 57% des interviewés suggèrent que des outils en ligne ou sur leur téléphone portable leur permettraient de mieux gérer leur régime alimentaire en fonction de leur style de vie. Cette idée se développe déjà aux Etats-Unis avec, pour exemple, la mise en place d’un logiciel en ligne, SuperTracker [8], qui permet de suivre l’évolution de sa consommation alimentaire et de son activité physique par rapport à des objectifs nutritionnels fixés.

L’étude a également permis de montrer que 70% des parents d’enfants de moins de 18 ans étaient plus inquiets et soucieux du régime alimentaire de leurs enfants plutôt que du leur. De plus, 87% des parents interrogés pensent qu’il est préférable pour la santé de prendre les repas assis et en famille. A noter que, selon une analyse menée par CBS News en 2010, moins de la moitié des américains prennent leur repas assis à table et en famille [9].

Conclusion

Les résultats de cette étude montrent un intérêt grandissant de la part des consommateurs américains pour l’aspect nutritionnel ainsi que la sécurité sanitaire des produits qu’ils consomment. Comparativement à 2011, les principales différences observées résident dans le fait que les personnes interrogées se considèrent en meilleure santé, elles sont plus nombreuses à penser que l’origine des calories à un impact sur la prise de poids (70% au lieu de 60% en 2011), l’aspect visuel des aliments a pris une place plus importante, la date d’expiration est plus souvent observée que les valeurs nutritionnelles sur l’emballage (respectivement 63% et 68% en 2011, et 76% et 66% en 2012), les personnes interrogées considèrent (à 60%) que les sucres peuvent faire partie d’un régime équilibré, et 60% voient l’intérêt d’une alimentation enrichie en protéines.

Sources :


- 2012 Food and Health Survey - The International Food Information Council Foundation - 23/05/2012 - http://www.foodinsight.org/Resources/Detail.aspx?topic=2012_Food_Health_Survey_Consumer_Attitudes_toward_Food_Safety_Nutrition_and_Health
- Food & Health Survey Finds Parents Tend to Focus on Children, Yet Neglect Their Own Diet and Exercise Needs - 14/11/2012 - http://www.foodinsight.org/Press-Release/Detail.aspx?topic=Food_Health_Survey_Finds_Parents_Tend_to_Focus_on_Children_Yet_Neglect_Their_Own_Diet_and_Exercise_Needs
- Food and Health Survey - IFIC Foundation - 2008 - http://www.foodinsight.org/Content/6/FINAL%202008%20Food%20and%20Health%20Survey%20Top%20Line%20Data%2005_16_08.pdf

Pour en savoir plus, contacts :


- [1] La fondation IFIC est membre de l’Alliance des Règles Alimentaires (partenariat publique/privée entre les principales institutions centrées sur l’alimentation, la nutrition et la santé, les industries agroalimentaires et le gouvernement) - http://www.foodinsight.org/Content/5519/2012%20Dietary%20Guidelines%20Alliance%20One-Pager.pdf
- [2] Americans eat out about 5 times a week - 19/09/2011 - http://www.upi.com/Health_News/2011/09/19/Americans-eat-out-about-5-times-a-week/UPI-54241316490172/
- [3] La consommation alimentaire hors domicile - France 2011-2016 - Bernard Boutboul - 2011 - http://www.aflyht.net/boutboul.pdf
- [4] Dietary Guidelines for Americans - U.S. Department of Health and Human Services - http://health.gov/dietaryguidelines/
- [5] Choose MyPlate.gov - USDA - http://www.choosemyplate.gov/
- [6] MyPyramid Plan - USDA - http://www.mypyramid.org/plan.php
- [7] USDA : nouvelle stratégie de promotion d’une alimentation équilibrée, une assiette plutôt qu’une pyramide - 1/07/2011 - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67159.htm
- [8] SuperTracker - USDA - https://www.supertracker.usda.gov/default.aspx
- [9] How Americans Eat Today - CBS News - 12/01/2010 - http://www.cbsnews.com/2100-500165_162-6086647.html
Code brève
ADIT : 71923

Rédacteurs :


- Cécile Camerlynck, deputy-agro.mst@consulfrance-chicago.org ;
- Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org ;
- Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org.

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….