Une nouvelle molécule contre les troubles bipolaires

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Les troubles bipolaires (ou psychose maniaco-dépressive) qui affectent environ 1% des adultes sont en général traités par des "régulateurs d’humeur" tels que des sels de lithium ou l’acide valproïque. Cette médication, découverte depuis plusieurs décennies, provoque des désagréments tels que la prise de poids ou une soif excessive. Mais on n’a encore développé aucun médicament pus efficace.

Pour traiter la maladie, le mécanisme ciblé est l’inhibition de la glycogène synthase kinase 3ß (GSK-3ß) présente dans le cerveau. Le principal problème rencontré par les scientifiques reste l’imperméabilité du cerveau. Des composés actifs ont bien été isolés ; ils sont capables de bloquer l’enzyme mais sont incapables de rejoindre leur cible.

L’équipe d’Alan Kozikowski de l’Université de l’état de l’Illinois à Chicago a décidé d’aborder la recherche de candidat potentiel de manière pragmatique. Par une recherche bibliographique, ils ont identifié une nouvelle classe de composés chimiques liant une enzyme proche de la GSK-3ß. Ils ont donc montré la capacité de ces molécules à lier le site catalytique de la GSK-3ß.
Ils ont ensuite travaillé sur de nombreux dérivés de cette classe de composés (3-(benzofuran-3-yl)-4-(indol-3-yl)maleimides), en favorisant deux caractéristiques ; d’une part améliorer sa fixation sur le site actif de l’enzyme et d’autre part lui permettre de passer sélectivement la barrière céphalorachidienne.

Le meilleur candidat présente une constante d’inhibition (Ki) de l’ordre du nanomolaire, et a été rendu légèrement plus lipophile pour diffuser du volume sanguin vers le cerveau. Ils ont ensuite utilisé ce composé sur un modèle murin et sont parvenus à calmer significativement les souris hyperactives.

Ce travail est intéressant pour développer un futur traitement des troubles bipolaires. Il faut cependant utiliser les inhibiteurs de GSK-3ß avec précaution. En effet, l’inhibition de ce type d’enzymes peut modifier l’action de protéiques relativement semblables et aboutir à des cancers. Cependant, à ce jour, aucune étude n’a montré que le lithium favorisait le cancer et Alan Kozikowski ne s’attend pas à de tels problèmes. Il affirme notamment que l’une de ces molécules entraîne une régression dans le cancer du pancréas. Son équipe travaille actuellement sur une molécule qui inhibe sélectivement la GSK-3ß et qui aurait donc l’avantage de ne pas modifier l’action d’autres protéines.

Source :


- "Structure-Based Design Leads to the Identification of Lithium Mimetics That Block Mania-like Effects in Rodents. Possible New GSK-3beta Therapies for Bipolar Disorders." (2007) Kozikowski AP J Am Chem Soc. 129(26) pp8328-8332.
- http://www.nature.com/news/2007/070702/full/070702-17.html

Rédacteur :

Brice Obadia deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org - Hedi Haddada attache-sdv.mst@ambafrance-us.org - Sophia Gray assistant-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….