Une piste pour lutter contre les résistances bactériennes ?

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Selon "The Centers for Disease Control and Prevention", les maladies nosocomiales tuent, chaque année, environ 90.000 personnes aux Etats-Unis, et dans les 3/4 des cas, ces décès sont imputés aux bactéries multirésistantes. En effet, la plupart des antibiotiques actuels ont été développés il y a une cinquantaine d’années. Ils ciblent la paroi cellulaire ou bien les machineries de synthèse d’ADN ou de protéines. Les dernières avancées concernent uniquement des dérivés de ces composés et les bactéries ont réussi à contourner les inhibitions engendrées par ces molécules.
Dans le but de rechercher un potentiel inhibiteur, le laboratoire de Sheo Singh (Merck) a utilisé une banque de 250.000 composés naturels. La justification de cette approche repose sur le fait que les organismes, dans la nature, sont en lutte permanente pour leur survie et doivent cibler les faiblesse des organismes rivaux.
Ces recherches les ont conduit à la Platensimycine, petite molécule isolée chez Steptomyces platensis. Leur étude publiée dans Nature montre que cette molécule tue les Staphylocoques et les entérocoques résistants à la vancomycinne et à la méthicilline. La Platensimycine se lie sur l’enzyme FabF, protéine essentielle pour le métabolisme des acides gras.
Steven Projan de chez Wyeth Pharmaceuticals à Cambridge évoque cependant que des souris infectées doivent être perfusées en permanence par la Platensimycine pour être soignées et donc que cet antibiotique est métabolisé très rapidement. Pour Projan, cette étude montre seulement que détourner le métabolisme des acides gras peut tuer les bactéries mais que ce n’est pas suffisant pour en faire un bon candidat antibactérien. On peut penser qu’en dérivant cette molécule, il serait possible d’améliorer sa biodisponibilité sans atteindre son pouvoir antibactérien.
La protéine FabF est différente de l’enzyme correspondante chez les mammifères ce qui suggère que la molécule n’inhibera pas la synthèse des acide gras chez l’homme. Malgré ces résultats intéressants, Merck n’a pas précisé si le développement de la Platensimycine était poursuivi.

Source :


- http://www.sciencenews.org/articles/20060520/fob1.asp
- "Platensimycin is a selective FabF inhibitor with potent antibiotic properties". Wang, J.(2006) Nature 441 pp358
- Pour en savoir plus : " Inhibitors of fatty acid synthesis as antimicrobial chemotherapeutics." Heath RJ, Appl Microbiol Biotechnol. (2002), 58(6), 695

Rédacteur :

Brice Obadia, deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org
Hedi Haddada, attache-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….