Une présence française remarquée à la conférence OTC sur les technologies offshore

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Du 30 avril au 3 mai 2018, s’est tenue la conférence OTC (Offshore Technology Conference), rassemblant la majorité des acteurs industriels et technologiques de la planète travaillant sur les technologies offshore, en particulier pour l’extraction de ressources fossiles. Orchestrée par le président de Total Koweit, Wafik Beydoun, cette 50ème édition de la conférence a été inaugurée par le dirigeant du groupe Total, Patrick Pouyanné.

Une présence au très fort pouvoir symbolique, qui souligne l’importante présence française dans un marché qui n’a cessé de se développer depuis les années 1950, où les technologies des plateformes d’extraction pétrolières ont connu un essor rapide. Les méthodes et équipements de forage des fonds marins sont devenus en moins d’un siècle une industrie de très grande ampleur, dépassant ses domaines d’application initiaux (mécanique, construction navale, etc.) pour devenir un environnement technologique de pointe, où se croisent laboratoires de recherche avancés et ingénieurs dans des domaines aussi variés que les nanotechnologies et l’intelligence artificielle.

Ces technologies, utilisées pour optimiser les retours sur investissement d’infrastructures majeures (les plateformes modernes peuvent atteindre des coûts de 3 milliards de dollars), sont développées sur l’ensemble de la planète, comme en témoignaient les nombreux pavillons nationaux au salon d’exposition. Dès le premier jour, l’Université Rice (Houston) a animé un forum de start-up représentant les nouveaux acteurs de l’industrie offshore. Parmi la cinquantaine d’entreprises, dix ont été sélectionnées comme étant particulièrement prometteuses, dont une start-up française, Febus Optics. Celle-ci, basée à Pau, offre une solution complète de détection des défauts et fuites dans les conduites, puits et câbles grâce à une technologie de fibre optiques déjà brevetée.

Le cœur de la présence française à l’OTC était le pavillon français, organisé par le groupe Evolen, groupement d’entreprises françaises du secteur pétrolier. S’occupant des représentations nationales et internationales, de comités de réflexion et de soutien à la mise au point de produits en fin de développement, il a ici aidé à la visibilité d’un écosystème français caractérisé par une grande diversité de profils. Des géants comme Total jusqu’aux start-up (certaines ayant une présence sur le stand de Total, dans un soutien offert à la visibilité de ces petites entreprises), l’entreprenariat tricolore touche à tous les domaines. La formation spécialisée de l’Institut Français du Pétrole et des Energies Nouvelles (IFPEN) est reconnue au niveau mondial et s’accompagne de développements technologiques in situ pouvant s’étaler sur des décennies, marquant une continuité rarement égalée hors des géants pétroliers.

Pavillon français EVOLEN à la conférence OTC 2018

Les rencontres avec les PME et ETI présentes révèlent rapidement une qualité récurrente de l’industrie off-shore : une forte versatilité et adaptabilité au marché avec de très importants efforts en R&D et des marchés larges. Un exemple typique est la société Axon’Câble, dont les trois quarts des produits ont moins de deux ans grâce à des investissements très lourds en R&D (10 % du chiffre d’affaires) et qui s’est imposée comme un spécialiste des environnements extrêmes. Mais l’expertise française se retrouve particulièrement dans les aspects dématérialisés, avec des entreprises proposants des services moins conventionnels, comme Spark Cognition, dont les systèmes d’intelligence artificielle viennent développer sur mesure des modèles prédictifs qui sont habituellement conçus par différentes entreprises individuelles. L’enjeu ? Anticiper des accidents ou des pannes sur des équipements pouvant être loin des côtes, facilement isolés par les conditions météorologiques et pour lesquels chaque jour d’inactivité se chiffre en millions d’euros.

La clef de cet écosystème : un effort scientifique et technologique constant visant à améliorer l’efficacité, la sécurité et la qualité environnementale d’une industrie charnière pour la civilisation moderne, car même si d’importants efforts sont entrepris pour limiter la consommation de pétrole comme source d’énergie, le matériau reste fondamental pour les matériaux complexes, des plastiques aux médicaments. Et la France reste présente, visible et écoutée dans cet environnement unique, où l’industrie lourde croise les traditions maritimes centenaires et les travaux théoriques les plus avancés dans l’intelligence artificielle.


Rédacteurs :
Laurent Pelliser, Attaché adjoint Scientifique au Consulat Général de France de Houston