Une seconde chance est offerte à un médicament anti HIV grâce à des nanoparticules d’Or

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Les expériences menées par une équipe de chercheurs de University of North Carolina montrent que la molécule TAK 779 modifiée pourrait être potentiellement utilisée en thérapie anti-HIV si elle est associée à des nanoparticules d’or.

TAK 779 est un composant capable de fixer les récepteurs CCR5 à la surface des lymphocytes T qui sont utilisés par le virus HIV-1 pour pénétrer dans la cellule. De cette manière, il empêche ainsi potentiellement sa propagation au sein du système immunitaire. Ce médicament développé au début des années 1990 a été par la suite mis à l’écart à cause de ses effets secondaires nocifs. Le sel d’ammonium quaternaire de la molécule, responsable de sa haute affinité de liaison avec le récepteur CCR5 entraînait notamment des irritations significatives à l’endroit de l’injection.

L’équipe de chercheurs a donc développé une approche alternative et une preuve de concept en synthétisant la molécule SDC-1721, une version modifiée de TAK-779 délétée du groupement ammonium, couplée à une nanoparticule d’or de 2nm de diamètre, non nocive pour le corps humain. L’idée est d’attacher plusieurs molécules à une nanoparticule d’or pour pallier la faible affinité de liaison de la molécule tronquée de son groupement ammonium et ainsi améliorer les effets thérapeutiques du composé. L’importance de la multivalence a été mise en évidence par les chercheurs en attachant 12 molécules SDC-1721 à une nanoparticule d’or. La capacité de bloquer l’infection par HIV-1 des lymphocytes T qu’avait la molécule TAK-779 a été retrouvée, les effets secondaires en moins. Avec une seule molécule SDC-1721 attachée à la nanoparticule d’or au lieu de 12, les effets sont nuls, prouvant que la multivalence du médicament est importante pour son activité. Les expériences ont été réalisées sur des cellules humaines en laboratoire, et d’autres tests doivent évidemment être effectués avant de pouvoir utiliser cette méthode sur des patients.

Il s’agit de la première application mettant en jeu des molécules associées à des nanoparticules d’or pour bloquer l’infection par HIV-1. Les résultats présentés par l’équipe dans le Journal of American Chemical Society vont plus loin que la seule démonstration de l’efficacité du composé chimique SDC-1721/Or contre la propagation du HIV-1 ; ils prouvent que des molécules monovalentes sans efficacité thérapeutique peuvent être converties en des médicaments très actifs si elles sont regroupées en complexe multivalent grâce à des nanoparticules d’or. Ces résultats peuvent donc trouver d’autres applications avec d’autres médicaments.

Source :

"Failed HIV Drug Gets Second Chance with Addition of Gold Nanoparticles", News Realease North Carolina State University, 23 mai 2008 http://news.ncsu.edu/news/2008/05/tp-melander.php

Pour en savoir plus, contacts :

Publication dans le JACS : "Inhibition of HIV Fusion with Multivalent Gold Nanoparticles", Mary-Catherine Bowman, T. Eric Ballard, Christopher J. Ackerson, Daniel L. Feldheim, David M. Margolis, and Christian Melander, J. Am. Chem. Soc., 2008, 130, (22), pp 6896-6897
Code brève
ADIT : 54819

Rédacteur :

Alban de Lassus, deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org, Camille Arnaud, deputy-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….