Une thérapie combinatoire efficace contre la malaria

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La malaria est une des plus grandes causes de mortalité infantile en Afrique, avec environ un million de morts chaque année, essentiellement dans la partie sub-saharienne du continent. L’augmentation de la résistance des parasites aux médicaments actuellement utilisés rend très difficile le contrôle de cette maladie et conduit à la recherche de nouveaux traitements. Les thérapies combinatoires sont maintenant recommandées en remplacement des médicaments simples dans le traitement des enfants atteints, mais les combinaisons les plus efficaces ne sont pas encore clairement définies.

Une étude dirigée par l’équipe du Dr Grant Dorsey à l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) associée à une équipe en Uganda, a comparé trois différentes thérapies combinatoires dans le traitement de la malaria due à Plasmodium falciparum, la forme la plus sévère de malaria, responsable de la quasi-totalité des décès dus à cette maladie. Ces trois combinaisons furent évaluées en termes d’efficacité, de tolérance et de sécurité. La conclusion de cette étude, publiée récemment dans un numéro spécial du journal JAMA dédié à la malaria, est que la combinaison associant l’artemefer avec la lumefantrine donne les meilleurs résultats, mais la qualité des soins prodigués reste un des facteurs les plus importants dans le succès du traitement.

L’essai clinique, réalisé entre Novembre 2004 et Juin 2006, incluait 601 enfants, âgés de 1 à 10 ans, et en bonne santé de la communauté urbaine de Kampala en Uganda. Ces enfants ont reçu au hasard une des trois thérapies combinatoires testées lorsqu’ils ont été diagnostiqués pour leur premier épisode de malaria. Les participants ont été suivis pendant 13 à 19 mois et traités, avec leur combinaison de médicaments spécifique, à chaque nouvel épisode de malaria.

Parmi tous les enfants inclus dans cette étude, 329 sur 601 ont été diagnostiqués avec au moins un épisode de malaria, et 687 épisodes de malaria due à Plasmodium falciparum ont été traités. Le risque d’échec au traitement après 28 jours de suivi était de 26,1% avec amodiaquine+sulfadoxine-pyrimethamine, 17,4% pour amodiaquine+artesunate, et 6,7% pour la combinaison artemefer-lumefantrine. Quand seuls les échecs au traitement dus à une résistance aux médicaments sont pris en considération, le risque d’échec chute à 14,1%, 4,6% et 1% pour chaque combinaison, respectivement. Aucun décès ou cas de malaria sévère n’a été reporté et des réductions significatives du taux d’anémie et de présence des parasites dans le sang ont été observées.

Un meilleur contrôle de cette maladie en Afrique, avec de meilleures évaluations des cas et des traitements basés sur un diagnostic, semble être un but désormais possible à atteindre. Une recherche en continu dans les méthodes de diagnostics, les combinaisons de traitements optimales, les méthodes de délivrance des médicaments et l’intégration du traitement à des stratégies de prévention de cette maladie restent nécessaires pour établir une politique efficace de contrôle de la malaria.

Source :


- http://www.sciencedaily.com/
- Site de UCSF : http://pub.ucsf.edu/today/print.php?news_id=200705228

Pour en savoir plus, contacts :


- Sur la prophylaxie de la malaria : http://en.wikipedia.org/wiki/Malaria_prophylaxis
- Sur la malaria : http://en.wikipedia.org/wiki/Malaria
Code brève
ADIT : 42962

Rédacteur :

Mireille Guyader, attache-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….