Une vessie développée en laboratoire implantée chez un patient

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Des médecins ont réussi à implanter avec succès de nouvelles vessies développées en laboratoire à sept enfants victimes de troubles congénitaux. Ces vessies sont les premiers organes internes développés en laboratoire et implantés par voie chirurgicale. Il s’agit d’un pas en avant important pour le traitement des troubles urinaires, cette recherche est publiée dans la revue The Lancet.
La vessie est un organe qui peut s’étirer comme un ballon et une fois pleine, un signal est envoyé au cerveau pour signaler le besoin d’uriner. Chez certains patients, la vessie n’est pas assez élastique ou le signal n’arrive pas au cerveau. Ceci cause des problèmes d’incontinence, de coliques néphrétiques ou bien des pressions trop élevées qui peuvent endommager les reins.
Pendant plus d’un siècle, les urologistes ont essayé de développer des substituts de vessie avec des morceaux d’intestin. Bien que élastiques et de la forme d’un sac, ils se sont avérés être mal adaptés car ils sécrètent du mucus qui peut bloquer le transit urinaire, et réabsorbent certains déchets pouvant provoquer de nombreux problèmes (coliques néphrétiques, problèmes osseux, cancers). Depuis quelques années, des tests avec d’autres tissus ou matériaux synthétiques ont été développés mais aucun ne s’est avéré réellement concluant.


L’équipe d’Anthony Atala basée à la Wake Forest University School of Medecine à Winston-Salem en Caroline du Nord vient de développer une nouvelle approche. Ils ont réalisé une biopsie de la taille d’une pièce de monnaie contenant à la foie des cellules musculaires et les cellules spécialisées de la vessie. Ils ont fait se développer ces cellules sur une architecture biodégradable de la forme d’une vessie. Après le développement de la vessie en laboratoire, celle-ci est placée grâce à une intervention chirurgicale chez des enfants victimes de spina bifida. La spina bifida est une maladie neurologique qui se développe au cours de l’état embryonnaire. Il en résulte de nombreux problèmes neurologiques dont l’incapacité de percevoir que la vessie est pleine.
Les vessies fonctionnent normalement chez les trois premiers patients réduisant leur incontinence mais ne réduisant que partiellement la pression interne. Les chirurgiens ont donc tenté d’améliorer leur système en utilisant un tissu nourricier permettant de mieux nourrir la vessie. Dans ce cas la pression est divisée de moitié et l’incontinence est réduite considérablement.
Le Docteur Atala prévoit d’élargir ces test aux adultes assez rapidement et même aux patients atteints de cancer de la vessie.
Pour Steve Chung, urologiste à l’Advanced Urology Institute of Illinois à Spring Valley, il s’agit d’un travail fantastique mais qui n’a été développé que sur un petit nombre d’enfants. Il admet cependant que dans le futur cette technologie pourra être appliquée aux maladies de la vessie. Quant à étendre cette technique à d’autres organes, David Mooney, spécialiste d’ingénierie tissulaire à l’Université d’Harvard, tempère en faisant remarquer qu’une vessie est un organe très simple comparée, par exemple, à un coeur.

Source :


- http://www.thelancet.com/
- http://www.nature.com/news/2006/060403/full/060403-3.html
- http://sciencenow.sciencemag.org/cgi/content/full/2006/404/2

Pour en savoir plus, contacts :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Spina_bifida
Code brève
ADIT : 33126

Rédacteur :

Brice Obadia, vi-sdv.mst@ambafrance-us.org
Hedi Haddada, attache-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….