Vers un contrôle de la diversité génétique bactérienne

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Les antibiotiques ont sauvé d’innombrables vies depuis la découverte de la Pénicilline en 1927. Malheureusement, les bactéries sont capables de développer une résistance grâce à des mutations aléatoires. En effet, s’ajoute à la sélection naturelle, un processus de pression évolutive qui permet aux populations de micro-organismes d’acquérir une résistance grâce à une mutation utile pour prospérer dans un milieu habituellement indésirable.

Ces résistances compromettent de nombreux traitements et thérapies, comme dans le cas de SARM (Staphylococcus aureus résistant à la Méticilline). Sa caractérisation en 1961 n’a pas freiné sa propagation. Il est désormais courant dans les hôpitaux et est responsable pour 37% des cas fatals de septicémie au Royaume-Uni. La moitié de tous les Staphylocoques dorés aux Etats-Unis sont résistants à la pénicilline, la méticilline, la tétracycline et l’érythromycine.

L’ère des résistances bactériennes aux antibiotiques pourrait cependant être bientôt révolue. Lors du Semi-annual meeting of the American Chemical Society, des chercheurs californiens ont présenté un moyen d’éliminer cette variabilité dans leur code génétique.

Dans des conditions normales, les microbes copient leur ADN grâce à des enzymes appelées polymérases, dont les erreurs sont négligeables. Les bactéries acquièrent une résistance grâce à une mutation chromosomique, qui se produit une fois la thérapie antibiotique commencée. Dans des conditions de stress ou de forte pression, les microbes utilisent des polymérases qui sont normalement dormantes (II, IV et V), et qui sont beaucoup plus sujette à l’erreur ; ces erreurs entraînent des mutations génétiques apportant, dans certains cas, un avantage sélectif. La majorité des résistances acquises se font donc au cours d’un traitement qui représente un environnement de stress pour la bactérie.

Deux ans auparavant, Floyd Romesberg et ses collègues au Scripps Research Institute à San Diego, avaient démontré in vivo et in vitro qu’une enzyme, nommée LexA contrôle la répression des gènes SOS qui contrôlent la synthèse des polymérases de stress. Sur la base de ce résultat, leur théorie a consisté à identifier des composés qui seraient capables de bloquer l’activation de LexA et par conséquent, réduire l’induction de ces polymérases. Les chercheurs du Scripps Institute ont donc trié des milliers de composés, afin de pouvoir identifier une molécule capable d’inhiber LexA. Ce criblage de 100.000 molécules a lieu en présence de Ciprofloxacin, un antibiotique qui inhibe la réplication du matériel génétique. Les chercheurs ont identifié des inhibiteurs potentiels de lexA qui stoppent les mutations bactériennes et qui sont capables de pénétrer dans la cellule.

En pratique, cette découverte est intéressante car elle pourrait représenter la fin de toute nouvelle résistance aux drogues - un vrai challenge pour la médecine moderne. Il suffirait de concevoir un composé adéquat et de l’administrer simultanément avec l’antibiotique.

Les composés ne sont pas encore en cours d’évaluation clinique mais Rosemberg a d’ores et déjà crée sa propre entreprise, nommée Achaogen à San Francisco pour commercialiser sa technologie.

Source :


- "Induction and Inhibition of Ciprofloxacin Resistance-Conferring Mutations in Hypermutator Bacteria." 2006 Cirz RT Antimicrobial Agents and Chemotherapy Vol.50(1) pp 220-225
- "Inhibition of Mutation and Combating the Evolution of Antibiotic Resistance." 2005 Cirz RT PLoS Biol 3(6) pp176
- http://sciencenow.sciencemag.org/cgi/content/full/2007/328/3
- http://www.achaogen.com/

Pour en savoir plus, contacts :


- http://fr.wikipedia.org/wiki/SARM
- http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sistance_aux_antibiotiques
Code brève
ADIT : 42192

Rédacteur :

Sabrina Nolan : sabrinanolan@hotmail.com - Brice Obadia deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org - Hedi Haddada attache-sdv.mst@ambafrance-us.org - Sophia Gray assistant-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….