Vers une meilleure compréhension de la régénération

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Mickael Levin, chercheur au Forsyth Center for Regenerative and Developmental Biology de Boston s’intéresse à la régénération des membres du xénope. Ses découvertes récentes publiées dans les journaux Developmental Biology et Development mettent en lumière des approches potentielles pour stimuler la régénération tissulaire chez l’humain.

A première vue, la régénération semble plutôt réservée aux espèces animales simples. Par exemple, les planaires, des petits vers plats, sont dotés de capacité de régénération surprenante. En effet, si une partie d’une planaire est séparée du reste du corps, elle recréera dans son intégralité la partie manquante. Les salamandres sont capables de régénérer leurs membres, queue, mâchoires, intestins et même certaines parties de leur coeur ou yeux.
Mais, il existe également des exemples de ce type chez les mammifères. Les cerfs sont capables de recréer les os, peau, nerfs et vaisseaux sanguins de leur ramure, et ce, à raison d’un millimètre par jour. L’homme peut régénérer son foie, les enfants de moins de 7 ans peuvent reformer leurs empreintes digitales. Certaines études médicales ont même reporté le remplacement de rein après plusieurs années.

Le xénope, choisi par les scientifiques américains est un modèle d’étude quasi idéal pour étudier les phénomènes de régénération. Après arrachement ou coupure de sa queue, il est capable de la reformer de manière totalement fonctionnelle. Il recrée alors ses systèmes vasculaire, musculaire et nerveux

Dans une première étude, les chercheurs se sont orientés sur le rôle que la mort cellulaire programmée (apoptose) joue sur la régénération. Leurs découvertes ont montré qu’un épisode apoptotique est nécessaire avant la prolifération tissulaire massive que nécessite la création d’un membre. En effet alors qu’une inhibition tardive de l’apoptose reste sans effet sur le membre en croissance, sa perturbation durant les 24 premières heures brouille le processus de régénération en provoquant un développement anormal des axones neuronaux.

Le deuxième article est focalisé sur la régénération d’un point de vue électro-physiologique. Les chercheurs ont découvert depuis plusieurs décennies qu’un courant électrique est crée au niveau des sites de régénération. Un courant externe permet d’accélérer ce processus. En se basant sur ces acquis, ils ont mis en évidence le fonctionnement d’une pompe à protons indispensable. Levin spécule que cette pompe joue le rôle de contrôle pour l’initiation de la régénération.

Appliquer ces découvertes à l’homme semble impensable dans l’état actuel des choses. Un réseau complexe est nécessaire pour construire un organe mais connaître le point de départ potentiel du processus ne peut être que bénéfique. David Stocum, directeur de l’"Indiana University for Regenerative Biology and Medecine" d’Indianapolis, va beaucoup plus (trop ?) loin en suggérant qu’il est possible qu’une impulsion appropriée soit le point de départ de la régénération tissulaire.

Source :


- "H+ pump-dependent changes in membrane voltage are an early mechanism necessary and sufficient to induce Xenopus tail regeneration." Adams DS, Development. 2007 Feb. 28, en cours d’impression
- "Apoptosis is required during early stages of tail regeneration in Xenopus laevis." 2007 Tseng AS Dev Biol., 301(1) pp62-9.
- http://www.drmichaellevin.org/
- http://www.nature.com/news/2007/070226/full/070226-8.html
- http://www.sciencedaily.com/releases/2006/12/061213104133.htm

Pour en savoir plus, contacts :


- http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/xenope1/le%20tetard/tetard2.htm
- http://www.geocities.com/planariaspage/rapport.html
Code brève
ADIT : 41695

Rédacteur :

Brice Obadia deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org - Hedi Haddada attache-sdv.mst@ambafrance-us.org - Sophia Gray assistant-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….