Visite du conseiller scientifique au SETI Institute

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Le SETI Institute est un organisme à but non lucratif qui se donne pour mission d’étudier « l’origine la nature et la prévalence de la vie dans l’univers ». L’institut décline ses activités en trois volets : l’éducation, la communication au grand public et la recherche. A l’occasion de la visite du conseiller scientifique, Yves Frenot, l’équipe de la mission pour la Science et la Technologie à San Francisco accompagnée de Sophie Lafitte, Consule générale adjointe, a visité les locaux de l’Institut à Palo Alto.

Cette visite fut l’occasion d’une rencontre avec Bill Diamond, CEO, ainsi que deux chercheurs français, Nathalie Cabrol, qui dirige le centre de recherche Carl Sagan de l’Institut et Franck Marchis. Ces derniers ont offert un panorama complet des activités de l’Institut. Parmi celles-ci figurent des programmes de recherche innovants tels que le NASA Frontier Development Lab, un accélérateur de recherche qui s’installe aussi progressivement en Europe et qui sous l’administration du SETI Institute avec l’aide de partenaires publics et privés vise à réunir de jeunes experts en machine learning et en planétologie autour de la résolution d’un problème particulier qui peut relever aussi bien d’astrobiologie que de défense planétaire.

Si le SETI Institute se concentrait, à l’origine, sur la détection de techno-signatures de civilisations extraterrestres sous la forme d’ondes radio ou de signaux optiques, il couvre aujourd’hui un champ bien plus large d’investigation scientifique. Nathalie Cabrol a exposé en détail les 6 axes autour desquels se développent les recherches sous sa direction : l’astronomie et l’astrophysique, les exo-planètes, l’astrobiologie, le climat et les géosciences, l’exploration planétaire et la recherche d’une intelligence extraterrestre. Ces domaines de recherches, bien que divers, répondent tous à la mission initiale de l’Institut.

Par ailleurs, au-delà des aspects purement scientifiques, le SETI a à cœur d’éduquer et de transmettre l’information scientifique au grand public. Il a été notamment possible de visiter les studios d’enregistrement du podcast hebdomadaire « Big Picture Science » de l’Institut qui réunit régulièrement des experts de très haut niveau. Le développement de matériel pédagogique tient également une place centrale dans l’activité de l’organisme. Le conseiller scientifique a pu s’essayer à la visite de Mars et de Venus en réalité virtuelle grâce à un logiciel développé en collaboration avec des scientifiques du CNES.

A l’heure actuelle, le SETI Institute travaille pour l’essentiel avec la NASA. Ses chercheurs ont participé à toutes les missions martiennes de l’agence spatiale américaine, à l’exception d’ « Insight ». Pour autant, l’Institut entend continuer et renforcer sa collaboration avec des acteurs extérieurs, y compris privés en offrant son expertise dans le domaine de l’exploration planétaire.

Il entend aussi soutenir les projets novateurs qui peuvent naitre des synergies produites par la diversité des profils en son sein. Il entretient, à ce titre, une collaboration étroite avec la jeune entreprise cofondée par Franck Marchis et basée à Marseille, Unistellar. Cette start-up produit des télescopes accessibles aux astronomes amateurs, simples d’utilisation, offrant une qualité d’image inédite et pouvant être connectés en réseau. Les données ainsi recueillies et partagées par les utilisateurs pourraient être exploitées par les scientifiques. L’entreprise a eu recours à un financement participatif record et devrait bientôt commencer à commercialiser ses produits.

En attendant, le SETI Institute continue de scruter le ciel, les antennes grandes ouvertes dans l’espoir qu’un jour, peut-être, quelque chose vienne briser le silence éternel des espaces infinis.